Les phrases-thème de mon psy

Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /Mai /2007 12:04
« trahison. »


Mai 2007

Le mercredi est le jour où je vais chez le psy...
Je lui ai parlé honteusement de ces crises ces derniers jours et de mon délire qui recommençait : je suis abandonné, on se sert de moi...
Je tremblais en disant ça...

Il m’a dit qu'il allait falloir faire face au problème qu'est la dépendance affective et qu'il allait surtout falloir accepter qu'elle était là, présente elle aussi.
En fait, pour lui chaque personne dépendante d’une substance, d’un état particulier est justement un dépendant affectif. Selon lui, le dépendant utilise les drogues, l’alcool, la bouffe, l’anorexie, le jeu, la mutilation... pour échapper à l’aspect des besoin émotifs et à l’affectif.
Je n’arrivais pas à comprendre à m’étaler, c’était bloqué.
J’ai beaucoup de mal avec l’affectif, avec cette dépendance, elle est ma pire appréhension.
En fait, cette expression barbare (dépendance affective) m’a été servie des dizaines de fois, par des dizaines de psy et docteurs différents.
C’est quelque chose qui me fait peur, très peur. L’effroi de dépendre de quelqu’un.
Je ne sais pas comment expliquer ça, mais c’est un « poids » que j’ai toujours renié et voulu fuir. Je voulais bien être dépendante de la bouffe, de la faim, des vomissements, des coupures, des laxatifs ou de l’achat à la rigueur mais de l’affectif, alors là, ça dépassait mon entendement.
Puis un jour, plusieurs personnes m’ont expliqué que pour certaines dépendances tels que l’affectif et la sexualité, les mots « anorexie » et « boulimie » étaient de plus en plus employés.
Ca m’a un peu révolté au début. J’ai du mal à entendre « anorexie sexuelle ou affective », je le prenais comme un petit jeu de mot, comme la banalisation de l’anorexie, la vraie, elle n’avait l’air que d’un gadget, ça ne m’a pas plu.
(Cela étant dit, je ne comprends pas toujours mes réactions.)
Puis j’ai réfléchi, lu un peu et c’est vrai, je pense. Ça a un sens.
Par exemple, je suis si je parle comme les gens qui aiment mettre des noms et expressions sur tout dans « l’anorexie sexuelle », j’ai un problème avec ça, d’ailleurs, rien qu’écrire le mot « sexe » me dérange et me répugne.
Le problème, c’est que quand il y a « anorexie » d’un côté, il y a la « boulimie » qui arrive dans un autre domaine pour « équilibrer » la donne.
Pour ce qui est de l’affectif, c’est très bizarre. Je ne veux m’attacher à personne et en même temps je veux que tout le monde s’attache à moi. (narcissique, je sais...)

J’ai terriblement de mal à me dire que j’ai des émotions et que j’ai des faiblesses dans le domaine et pourtant, c’est le chaos, le bordel total.
Voilà, on en arrive là dans la thérapie avec mon psy : la dépendance affective.
J’aurai préféré l’éviter et d’ailleurs je m’acharne à trouver tout ce que je peux, toute preuve tangible qui m’absoudrait de toute « dépendance affective » probante et probable...
Je préfèrerai enlever des problèmes et de mots plutôt qu’en rajouter...
J’ai un côté très sauvage et un peu rebelle (émotionnellement parlant), si on m’approche de trop près, je recule, je deviens froide et distante.
Si on ne m’approche pas assez, je m’accroche.
J’ai déjà fait du mal à cause de ça.
J’ai besoin de ma zone de sécurité, ma zone de confort, je ne me laisse pas approcher de trop près, quant aux mots tels que : j’étais super contente de te voir, bisous ou le pire de tous « je t’aime », il faut pas compter entendre sortir ça de ma bouche...
Ca marche des fois par écrit...
J’ai déjà du mal à faire la bise...

Pour m’aider à comprendre, j’ai encore demandé un mot- thème à mon psy, ça a été : « trahison ».
Après chaque consultation, je vais m’asseoir dans un bar avec mon petit cahier, un stylo et mes clopes.
C’est juste à ce moment que tout ressort et en particulier des trucs que je n’aurai pas imaginés. C’est comme ça que j’ai « deviné » les abus...
Et là, je m'y suis mise, pour voir, à faire une liste des trahisons et des personnes m’ayant trahies. Au début, je ne voyais personne, puis mon stylo s’est mis à bouger tout seul.
Je me suis arrêté au bout d’une demi-heure, ça devenait dangereux pour mon oesophage et mes dents qui auraient dégustés dans la soirée si je continuais...
En ½ h, j’ai trouvé 49 trahisons, il y avait parmi les personnes, bien évidemment des amis et surtout amies (surtout, ce qui explique peut-être que je me méfie des filles et que je voulais un psy et pas une psy), et étonnée j’y ai même trouvé des médecins, mes parents...
En gros, bien la seule personne qui ne m’ait jamais fait de mal est une amie que je vois beaucoup depuis plus de 6 mois, et en ce moment je recule, deviens, des fois froide, comme si je laissais un espace de protection...
Comme si je me disais : ça se termine mal à chaque fois.

Maintenant reste le plus dur à faire : pourquoi ??? Qu’est ce que j’ai ou fait ou encore laissé paraître pour avoir autant été abusée dans tous les sens du terme et pourquoi j’ai fait ça ???
Si ça n’est pas arrivé à d’autres c’est pour une raison, c’est pas anodin alors : pourquoi ???
Quelle attitude j’ai qui laisse croire qu’on peut me faire tout ce
Par Juliette - Publié dans : Les phrases-thème de mon psy
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Samedi 3 mars 2007 6 03 /03 /Mars /2007 14:10

« Se brutaliser, c’est aussi une façon de s’aimer. »




Mars 2007

Cette phrase est restée floue des mois, je ne la comprenais pas.
Elle était pour moi inadaptée et tellement culpabilisante, elle faisait écho avec les mots « folie » et « masochisme ».

Pour m’éclairer, mon psy m’avait comme il le fait souvent, donné un exemple.
Il m’expliquait que souvent les enfants battus faisaient des bêtises pour se reprendre des coups.
Des coups qu’ils craignaient pourtant plus que tout.
Mon psy m’expliquait qu’un enfant qui vivait ça dans le secret, arrivait à faire la différence malgré tout entre le bien et le mal mais voyait ces coups comme justifiés, comme une marque d’attention.
C’était pour eux « l’affection » du parent qui se témoignait de cette manière.

Je suis restée bouche bée devant cette affirmation. Je n’ai jamais été battue, mais il me paraissait évident qu’un enfant fuyait les coups, n’en voulait pas et surtout n’en redemandait pas.
Je ne comprenais pas qu’il puisse y voir une quelconque  marque d’affection étant donné que c’était mal, injustifié, injuste, scandaleux…

La semaine dernière, je lisais le blog d’une amie.
Elle a été violée par son père très jeune. Je passerais les détails sordides car je tiens vraiment à cette amie.
Elle expliquait ou plutôt avouait qu’elle avait éprouvé quelque chose d’étrange qui l’avait perturbé en voyant son père. (il n’est pas en prison et n’a pas été dénoncé, elle le revoit dans la terreur mais pourtant chaque semaine avec haine et pourtant en espérant ne plus le voir comme un monstre).
Elle était très triste, se sentait honteuse et ne se comprenait pas, elle avait senti en sa présence l’envie qu’il lui refasse du mal.
Choquant et pourtant compréhensible si on compare l’exemple de mon psy qui parlait des enfants battus. Le viol est une violence aussi.
C’était donc vrai, donc possible.

Cette semaine, j’ai fait beaucoup de choses et de démarches pour justement échapper à ma mère.
J’étais fière de moi, je savais que j’avais raison. Je savais que je ne devais surtout pas l’appeler pour la tenir au courant de tout ce que j’entreprenais.
Je savais qu’au moindre appel, à la moindre information, elle aller faire péricliter tout ce que « réalisais ». Je savais qu’elle allait me rabaisser, m’empêcher…
Pourtant ne pas l’appeler pour la tenir au curant a été très dur.
Elle ne m’a pas appelé depuis vendredi dernier, ce qui est très rare car elle me harcèle quotidiennement d’habitude.
Tout se mélangeait, je ne savais pas si ce que je faisais était bien ou mal. Je me demandais pourquoi je n’avais pas son approbation.
J’étais comme une petite fille qui attend son « bravo », son « c’est bien ». sachant que je n’y aurait pas droit, je ne comprenais plus rien, je voulais absolument l’appeler, comme si je prenais chaque reproche, rabaissement pour une attention.
J’imaginais que ma mère m’oubliait, ne m’aimait plus puisqu’elle ne régissait plus, ne m’insultait plus.
J’en redemandais, ça m’a manqué et j’angoisse énormément à l’idée de ne plus avoir droit à ce traitement.

Bien entendu, je n’ai pas été battue, mon histoire est bien moins tragique, mais j’y ai vu un rapprochement que mon psy a approuvé.
Je n’en suis que là pour l’instant : la constatation.
Par Juliette - Publié dans : Les phrases-thème de mon psy
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /Déc /2006 14:14

« Viol de l’intimité »
Par Juliette - Publié dans : Les phrases-thème de mon psy
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