Dépression, suicide

Mardi 10 octobre 2006

La dépression est un trouble de l'humeur ou un trouble psychique pouvant résulter de l'interaction d'un ensemble de facteurs biologiques (déséquilibre dans la chimie des neurotransmetteurs du cerveau), psychologiques et sociaux (ex : divorce, chômage). Il s'agit d'une affection médicale à haut risque, pouvant parfois mener au suicide, sous diagnostiquée, sous-estimée et sous-traitée.
Elle est caractérisée par la persistance des symptômes suivants :
- Troubles du sommeil
- Manque d'énergie, de motivation
- Irritabilité
- Mal de vivre

Différents types de dépression

Il existe une quinzaine de dépressions différentes, avec, entre autres :


La mélancolie

Considérée comme la forme la plus grave d'état dépressif majeur ; elle se caractérise par :
- l'intensité de la douleur morale
- l'importance du ralentissement psychomoteur
- une aboulie complète
- des contenus de pensée particulièrement négatifs et désespérés
- un sentiment de culpabilité omniprésent
- un sentiment d'incurabilité
- des idées « noires » (idées d'être puni de mort, ruminations suicidaires…)
- une anorexie grave. (Parfois, il peut s'agir d'une boulimie, en tous les cas, troubles de l'appétit.)
- des réveils matinaux précoces dans un état d'angoisse douloureux.

On parle également de mélancolie stuporeuse lors d'un ralentissement psychomoteur très intense. À savoir : immobilité totale, état prostré, incapable de boire ou de s'alimenter.


Les dépressions psychotiques

Elles se caractérisent par des délires de culpabilité, de honte universelle, de punition, de damnation, de possession diabolique, d'ensorcellement, de métamorphose en un animal repoussant, d'appauvrissement mental, de négation d'organes, de contagiosité (sida) ...


Les dépression hostiles, agressives

La personnalité du sujet semble avoir changé radicalement. Il est devenu plus agressif, plus impulsif, ses colères sont mal maîtrisées, il a des violences soudaines inhabituelles…
Cela viendrait du fait que le sujet ne supporte plus l'idée d'être l'objet de remarques blessantes (existantes ou supposées) à son égard : « Secoue toi », « Tu as tout pour être heureux », ...


Les dépressions pseudo-démentielles


Elles se caractérisent par des troubles graves :
- de la mémoire
- de l'orientation
- de la vigilance
- du jugement
- de régression affective
- des performances intellectuelles

On les rencontre généralement chez les sujets âgés, rarement chez des sujets jeunes.


Les dépressions masquées, hypocondriaques


Elles se caractérisent par une absence de symptômes de l'humeur dépressive
avec une prépondérance des plaintes somatiques. Elles prennent souvent l'aspect d'une douleur atypique, continue, fixée, qui reste malgré la prescription d'antidouleur. Le sujet est souvent inconscient qu'il souffre moralement, c'est la raison pour laquelle il « somatise ».


Les dépressions anxieuses, agitées


Ces sujets courent un risque suicidaire élevé. Contrairement aux caractéristiques courantes de la dépression, l'agitation psychique et motrice sont majeures, ils sont enclins à des crises de panique.


La dépression endogène


Cette dépression est caractérisée par une douleur morale patente contrastant
avec une indifférence affective (appelée également anesthésie affective) pour l’extérieur, un pessimisme foncier, une inhibition marquée, des thèmes d’autodévaluation et d’autoaccusation des idées délirantes de ruine, de catastrophe, d’incurabilité, une insomnie par réveil précoce, une anorexie avec amaigrissement, un dégoût de la vie inaccessible à toute argumentation. La fluctuation des symptômes dans la journée est particulière dans les dépressions endogènes : très marquée au réveil (le matin) ils tendent à s’estomper en fin de journée. Dans l’ensemble, le déprimé mélancolique méconnaît l’aspect pathologique de son état et refuse tout recours médical, jugé inutile.
Forme unipolaire et bipolaire de dépression : La dépression endogène est souvent l’expression d'un Trouble bipolaire (anciennement dénommé "psychose maniaco-dépressive"). Celle-ci, initialement bien délimitée, tend à être divisée en catégories à cause des aspects évolutifs, des antécédents familiaux et des réponses thérapeutiques inégales au même traitement. La forme bipolaire est constituée d’accès dépressifs et d’épisodes d’excitation euphorique, séparés par un intervalle libre. La forme unipolaire est quant à elle définie par la survenue répétitive d’un seul type d’accès en règle dépressif.
Il existe également les dépressions saisonnières, secondaires, dues à des médicaments, une affection organique, une affection psychiatrique, ou encore les dépressions alexthymiques ou d’involution.
Par Juliette
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Dimanche 9 septembre 2007

"TOUT INDIVIDU QUI NE VA PAS BIEN, ADO OU NON, VA PENSER AU SUICIDE"




Le Docteur Xavier POMMEREAU est psychiatre et dirige de Centre Jean ABADIE à Bordeaux . Ce centre accueille des jeunes qui viennent de faire une tentative de suicide. Plusieurs interviews du film ont été réalisées dans ce centre.





L'adolescent en difficulté n'a pas assez tendance à appeler à l'aide, quelle prévention peut - on envisager par rapport à cette situation?


Xavier POMMEREAU : Premièrement, un adolescent qui ne va pas bien ne va pas demander, en général, de l'aide par lui-même. Il va avoir tendance à s'isoler, de peur d'être pris pour un fou, d'être incompris et encore plus exclu. d'autre part, au sein de ses pairs, l'ado qui ne va pas bien est vécu comme inquiétant, ce qui va éloigner certaines personnes autour de lui. L'adolescent "malade" et son cercle de relation attendent de l'adulte référant qu'on vienne vers lui. C'est très important.

 Q.: Justement, quel peut être le rôle de l'adulte face à cet adolescent qu'il sent en difficulté?

 X.P.: On ne peut pas se permettre que l'ado vienne à soi. La première démarche préventive c'est reconnaître l'adolescent dans sa souffrance et aller le lui dire, très simplement.


RECONNAITRE L'ADOLESCENT DANS SA SOUFFRANCE

Cette démarche lui permet ou non de saisir la perche qui lui est tendue et, en parlant, de donner des débuts de réponse à ses problèmes. C'est à la fois très simple et très dur. Parce que aller vers l'individu en souffrance peut faire craindre de le blesser, ou de se faire rejeter. Mais, dans la réalité, c'est le contraire, l'ado se sent reconnu. La personne en souffrance n'attend pas des conseils ou des solutions toutes faites, elle attend de l'autre qu'il ne soit pas effrayé de l'aspect monstrueux de la souffrance qui l'anime. L'adolescent en particulier voit sa souffrance comme un repoussoir. Il faut aller lui dire que l'on comprend sa souffrance. Cela ne suffit pas, mais c'est le moment d'accrochage. Il va percevoir cette démarche comme une véritable proposition d'aide, qu'il peut saisir ou pas.

 
NE PAS ÉLUDER LES QUESTIONS EMBARRASSANTES

La deuxième étape, c'est de pouvoir aborder directement avec l'ado ce que l'on pense de lui, de son état et de son comportement. Il faut éviter la démago : les conseils d'anciens combattants vont irriter l'ado à juste titre, car c'est surtout parler de soi, et non s'ouvrir à l'autre.

 Q.: Doit - on aborder directement la question du suicide?

X.P.: Tout ce qui éluderait les questions EMBARRASSANTES: "j'ai l'impression que tu ne vas pas bien, que tu pourrais mettre ta vie en danger, tu serais capable de te suicider, d'avoir des idées noires". Tout ce qui éluderait ces questions donne l'impression à l'ado que l'adulte ne pourrait entendre des questions dérangeantes, donc il ne pourra rien lui dire.

 
PARLER AVEC LA PERSONNE EN DIFFICULTÉ, C'EST INVESTIR QUELQUE CHOSE DE SOI

Reconnaître la souffrance de l'autre et être capable d'en parler cela implique de la personne ou de l'équipe qui s'occupe de ces jeunes de réfléchir à sa propre pensée et donc de considérer qu'aborder librement ce sujet avec un autre en danger, c'est investir quelque chose de soi, c'est s'exposer dans cette relation. On ne peut prétendre aider un ado sans s'exposer à ses difficultés. Si on n'a pas du tout nous mêmes fait le point sur notre vécu, on ne sera en mesure que de donner une version superficielle et donc fausse de la réalité de la souffrance. On est à côté de la question de la mort qui est fondamentale pour tout ado.

 Q.: Nous avons parlé des adultes, mais comment un jeune peut aider un ami qu'il sent "en souffrance"?

 X.P. : C'est le même problème que pour les adultes: Reconnaître l'autre dans sa souffrance et accepter de parler avec lui directement de ses problèmes constituent les deux premières étapes. Mais la troisième, valable pour les amis comme pour les adultes : cet engagement de soi dans cette relation est coûteuse et risquée. Il faut savoir pourquoi on a envie d'aider quelqu'un.

 
POURQUOI JE VEUX AIDER?

 L'humain est profondément égoïste, c'est une donnée de base sûrement indispensable à la survie de notre espèce. Être égoïste cela veut dire que l'on s'occupe toujours de soi en même temps que l'on s'occupe des autres. Il est donc utile et intéressant, enrichissant de s'occuper des autres. Celui qui omet de poser cet a priori, et qui n'est pas conscient que dans une relation d'aide, il se sert au passage, celui-là risque beaucoup parce qu'en mettant cela de coté, on ne peut pas mesurer jusqu'où on peut aller. Ce qui risque de nous entraîner vers une détresse ou une faillite de notre aide qui peut être catastrophique.

 
DÉBOUCHER SUR UN PARTAGE DE L'AIDE

 Ne pas avoir l'illusion que l'on peut soi tout seul plus que quelqu'un d'autre. Très rapidement déboucher sur un partage de l'aide. Si l'on se représente la souffrance comme un sac à dos de 30 kg, le but n'est pas de proposer de le porter à la place de l'ado pendant 500 Km et de risquer de ne plus pouvoir au bout de 100 Km et de lui rendre. On peut l'aider mais l'idéal c'est de porter à plusieurs jusqu'au moment où l'ado est capable de reprendre son sac. L'aide, c'est l'action d'un guide momentané qui a plus de lucidité ou de connaissance de ce terrain, plutôt que celle d'un porteur qui prend le sac à sa place. On a aussi notre propre sac à dos. Le partage de l'aide doit être présent à l'esprit. Dans le contexte d'ados en groupe, on doit se répartir les choses, partager véritablement.

 Q: Quand le recours au psychologue ou au psychiatre est il nécessaire?

 X.P. : Le psy n'est pas le jocker qui a réponse à tous les coups. Dans certaines situations, les ados se suffisent entre eux et parfois, il faut pouvoir s'adresser à un adulte référant si l'on est en panne. Pas nécessairement un psy, il n'y a pas de prérogatives. Tout adulte référant peut aider ce groupe à porter l'ado en difficulté. Lorsqu'on a le sentiment que cette personne en détresse ne va pas bien et que l'on reste en panne, on peut s'adresser à un spécialiste. Mais il faut accompagner l'ado en difficulté dans cette démarche. Sinon, il va craindre d'être pris pour un fou. Il faut lui dire qu'on a l'impression que cela serait mieux s'il voit quelqu'un dont c'est le métier d'aborder ces questions. C'est un accompagnement et non un lâchage. Il faut avoir le sentiment que l'ado est prêt à entendre des choses, car cette démarche est inutile si l'ado ne s'investit pas lui même dans ce travail de réflexion.


LE PSYCHIATRE N'EST PAS LE GARAGISTE DE L'ÂME

Les psy ne sont que des guides professionnels. On peut montrer une voie mais l'intéressé doit la suivre et ne pas être porté. Le but, c'est que l'intéressé puisse ensuite se débrouiller sans guide. Le malentendu, c'est quand l'ado pense qu'il est un cas à part que l'on confie à un garagiste de l'âme qui va le réparer. Il va vivre cela douloureusement. Le psy ne pourra pas l'aider, cela serait trop simple.

 
L'IMPORTANCE DE LA PAROLE

Q.: Le rôle du psy n'est pas toujours bien perçu par les jeunes?

X.P. : Il faut expliquer aux jeunes que la pensée humaine a un véhicule royal : la parole. C'est comme ça que la pensée s'exprime soit par la parole, soit par des actes.

 S'exprimer par des actes est souvent mal compris par les autres car c'est souvent difficile de les comprendre. L'acte n'explique pas ce que l'on pense vraiment. L'ado a souvent peur des mots, certains sont tabous, alors il préféré l'acte mais il présente le risque de ne pas être compris. Idéalement pour se faire comprendre d'un autre, le mieux, c'est la parole. Ce que propose le psy, c'est d'aider l'ado à trouver les mots justes pour parler de ses sentiments. Le psy propose un moyen idéal d'expression de la pensée avec un retour sur ce qui est dit qui a un effet de classement dans la tête du sujet. Mettre de la parole sur sa souffrance a un effet d'apaisement intérieur beaucoup plus durable que de claquer une porte. Sinon, on rumine nos idées. Si tout peut être dit, cela soulage l'ado et le situe par rapport aux autres.

 Q: Que peut on faire lorsque le jeune suicidant rentre à la maison?

 X.P. : Après le passage à l'acte, il ne faut pas mitrailler l'ado de questions. Il faut lui montrer qu'on peut le voir comme avant et que cela ne fait pas peur. Qu'on peut parler avec lui s'il le désire. Il faut être disponible. Ne pas voir l'ado différemment. Si l'on détourne son regard devant celui d'un suicidant, c'est que l'on est pas capable d'aborder la souffrance de l'autre. Il a l'impression d'être un exclu, d'être absolument monstrueux. Il faut pouvoir le regarder comme quelqu'un. L'idéal, c'est de le regarder en face, comme quelqu'un de pas bien en ce moment mais que l'on respecte comme un individu à part entière.

Propos recueillis par Gabriel GONNET


Source: http://www.lacathode.org/p1interv/pomm.html



Par Juliette
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Mardi 18 mars 2008

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Qu’est-ce que le trouble bipolaire ?


Les personnes atteintes de trouble bipolaire connaissent des changements d'humeur extrêmes. Il est normal d'avoir "des hauts et des bas" mais, chez ces patients, "les hauts" sont très hauts (pole maniaque) et "les bas" très bas (pole dépressif). Ce trouble est également appelé maladie maniaco-dépressive.
La durée des épisodes maniaques ou dépressifs va de quelques semaines à plusieurs mois. Leur fréquence est également variable.
Lorsque le sujet n'est ni en phase maniaque, ni en phase dépressive, il fonctionne normalement et se sent généralement bien. Ces périodes "normales" peuvent durer plusieurs années.
Chaque malade a donc son propre "cycle" qui est composé d'une phase maniaque, d'une phase dépressive et d'une phase "normale". On parle de trouble bipolaire à cycle rapide lorsque les patients présentent au moins quatre cycles par an. Parfois, l'humeur peut même changer tous les jours, ce qui rend la vie de ces patients extrêmement difficile.
On estime à 1% le nombre de personnes atteintes par cette maladie. Les femmes sont autant touchées que les hommes. En moyenne, le trouble bipolaire apparaît vers l'âge de 30 ans.
Les recherches actuelles sont en faveur d'importants facteurs génétiques à l'origine de ce trouble. Cependant, différentes sources de stress extérieurs semblent capables de favoriser la survenue d'un épisode. Les saisons affecteraient aussi les troubles de l'humeur: la manie est plus fréquente en été et la dépression en hiver.



Les symptômes du trouble bipolaire


1- La dépression

La phase dépressive est marquée par:
- une baisse de l'estime de soi avec une tendance excessive à la dévalorisation et la culpabilité. - une grande tristesse qui s'accompagne souvent de pensées morbides ou suicidaires.
- une perte d'intérêt ou de plaisir pour les activités habituelles (anhédonie).
- une baisse de la libido
- une perte de poids par diminution de l'alimentation (de façon atypique, on peut aussi observer une prise de poids).
- une insomnie avec une grande fatigue (de façon atypique, on peut aussi observer une hypersomnie dite "refuge").
- un ralentissement de l'activité physique avec une tendance au repli sur soi et à l'inactivité (apragmatisme).
- un ralentissement de l'activité psychique avec des difficultés de concentration, d'attention.

2- La manie

Dans le langage courant, le terme maniaque est employé pour qualifier quelqu'un de tatillon, d'exigent. En psychiatrie, il en est tout autre: un sujet maniaque présente les symptômes inverses de ceux d'une dépression. A savoir:
- une excellente confiance en soi avec des idées de grandeur, de grands projets.
- une euphorie excessive.
- une réduction importante du temps de sommeil sans aucune fatigue.
- une augmentation de l'appétit sans prise de poids.
- une activité physique très importante.
- une accélération psychique: leur pensée va trop vite et ils passent sans cesse du coq à l'âne dans une logorrhée impressionnante (débit verbal augmenté).
- une désinhibition comportementale avec un désir sexuel accru, des dépenses excessives (trois voitures, une maison…), une augmentation des tendances au jeu.
- une irritabilité importante avec un comportement provocateur voire agressif.

3- L'hypomanie : on retrouve les mêmes symptômes que dans la manie mais en moins intenses. L'hypomanie ne gêne pas le fonctionnement normal d'un sujet contrairement à la manie. Une hypomanie peut dégénérer en épisode maniaque ou en dépression.

4- Des états mixtes : le patient présente au cours d'un même épisode des symptômes de la phase dépressive et de la phase maniaque.

5- Des symptômes psychotiques
Parfois, les sujets atteints de troubles bipolaires perdent le contact avec la réalité et se mettent à entendre des voix ou à interpréter des choses de manière délirante. Ces symptômes sont dits "psychotiques" car ils se retrouvent dans d'autres pathologies psychiatriques: les psychoses, et en particulier dans la schizophrénie.


source : sante-az.aufeminin.com

Par Juliette
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