Au quotidien

Mercredi 30 août 2006 3 30 /08 /2006 11:32
Depuis quelques jours, tout a changé dans mon alimentation, je ne sais plus comment y remédier.
Je mange, en culpabilisant mais sans aller aux toilettes immédiatement. Je ne comprends pas, peut-être l’appel du sucre ?
J’avais fait tant d’efforts depuis 6 mois, je continuais à faire des crises, mais en infériorité numérique en comparaison des temps forts.
Je ne faisais pas de rechute non plus.
Mais voilà tout le monde est venu m’embêter, m’accuser de refaire de l’anorexie, c’était presque du harcèlement !
J’ai maigri, oui, j’ai perdu 26 kilos depuis mi-mars mais ça n’avait rien d’anormal, c’était régulier, et surtout, ce n’est pas une perte énorme et anormale non plus ! 4 à 5 kilos par mois, c’est normal, pas besoin d’être malade pour si bien perdre.
Maigrir quand on mange équilibré sans tomber dans l’anarchie des régimes c’est si simple !
Alors peut-être que ce nombre a été impressionnant pour des personnes extérieures, peut-être que moins de 800 calories n’était pas assez pour elles mais tout allait bien pour moi hormis mes crises !

On m’a beaucoup énervé, reproché… ça a été mon nutritionniste, ma mère (bien sûr, toujours ma mère), des amies réelles et virtuelles…
Elles m’ont tellement mis la pression ! J’avais des crampes, oui mais j’en ai toujours eu, avec l’anorexie restrictive je n’ai pas laissé mon corps avoir une croissance normale et, restent des séquelles à vie. Ce sont des séquelles et non des conséquences de faits présents.
Je peux comprendre qu’on s’inquiète pour moi mais la question c’est : est-ce vraiment de l’inquiétude ???
J’ai avoué facilement à 2 de mes amies les plus proches mes tca. 
Jusqu’à maintenant une seule était au courant, elle avait les mêmes problèmes que moi, et heureusement qu’elle était là. On connaissait toutes les 2 l’existence de ces problèmes mais on en parlait pas. On faisait tout ensemble sans se juger, quand l’une mangeait trop ou l’autre pas assez, on ne se critiquait pas, on savait que c’était la dernière chose à faire et on avait tout le reste en commun.
Toute cette façon de percevoir les autres, de comprendre ce monde, de réagir aux autres…
Par chance, on a pas « entretenu » nos maladies en même temps, on allait pas mal ni bien en même temps…
Ah qu’elle me manque ! Désormais elle habite ailleurs, dans une autre ville et je ne la vois plus souvent !

Les 2 autres amies à qui j’ai avoué ça, je n’aurai jamais du le faire.
Je voulais simplement leur dire que je souffrais, j’avais besoin qu’elles s’intéressent à ce qu’il y avait à l’intérieur pas à regarder ma manière de manger…
En fait, je crois que jamais je ne devrai reparler de ça avec une personne extérieure à ces maux.

Je ris en douce, (à moins que je pleure) quand j’entends des personnes parler d’anorexie ou de boulimie sans qu’elles sachent que j’ai ce problème moi aussi…
Ils parlent d’amis, de personnes de leurs familles. En fait ils critiquent, mais ne s’inquiètent pas, pour eux le seul point d’alerte est la maigreur.
Tant que la personne n’est pas maigre, il n’y a pas de quoi s’alarmer…
Ah s’ils savaient à quel point toutes les anorexiques ne sont pas maigres ! Et puis surtout il leur faut beaucoup de temps avant de réagir et de voir le changement sur quelqu’un.
Je me souviens d’états de maigreur plus qu’inquiétants et pourtant là survenait la réflexion qui suit : « non, regarde, elle marche encore, tout va bien »

Alors qu’ils me regardaient mourir quelques années avant, ils viennent aujourd’hui critiquer ma façon de manger en me disant que c’est trop peu ? que ci, que ça ???
Ce n’est pas seulement de l’inquiétude, s’ils s’inquiétaient pour moi ils réagiraient à tout le reste et ça n’arrive jamais…
Qu’est ce que c’est ? J’aimerai le savoir !
On dirait que l’être humain est venu sur terre pour critiquer, sans ça il s’ennui… On dirait que leur vie et tête sont tellement vides qu’ils ont besoin de parler des autres pour entretenir une conversation.

Il en a résulté un mélange malsain : j’ai fini par les croire, ils ont fini par me faire douter, j’ai voulu leur prouver et me prouver à moi-même qu’ils avaient tort, j’ai paniqué et maintenant, je suis la seule victime. Comme c’est drôle d’ailleurs, ils voulaient m’aider quand j’allais bien et maintenant que je vais mal, vont-ils sauter à mon secours ?
Et j’imagine sans trop de mal ce qu’on me dirait si je me plaignais de ça, on me dirait de faire un petit effort, de me ressaisir.

Désormais, je n’en parlerai plus à personne, plus jamais je n’essaierai de faire confiance aux autres, je resterai seule avec ma maladie, de toute façon, je suis la seule qui soit apte à comprendre et à « bricoler » avec elle au jour le jour.

C’est si dur de renverser la vapeur, de changer de direction. Pour ce qui est de l’humeur ou du moral, je peux changer d’un jour à l’autre ou pourquoi pas d’une heure à l’autre mais pour ce qui est de la bouffe c’est si dur. Quand une direction est prise, je ne fait que m’enfoncer.

J’en vois plus la fin, chaque jour je suis pleine d’espoir et ces derniers jours, chaque soir appelle le sucre…
Chaque jour est un perpétuel recommencement et je fatigue.
J’espère ne pas croiser une personne qui viendrait me dire que jeûner aujourd’hui est mal. Je vais essayer de ne pas manger pour rattraper ce paquet de petits écolier engloutit hier soir et je prie pour que personne ne vienne me dire que c’est mal, que je vais faire une crise ou encore que « le corps va faire des réserves ».
De toute façon que je mange ou pas aujourd’hui je me déteste, et je préfère faire selon ma conscience.
La culpabilité serait plus grande encore si je mangeais et n’essayais pas de rattraper les dégâts et pour moi, garder une culpabilité c’est amener la crise alors mieux vaut bricoler...

Si seulement je pouvais ne pas être si sensible au jugement des autres ! Pour ça il me faudrait une dose de confiance en moi et ça, je n’arrive pas à y accéder…


Par Juliette - Publié dans : Au quotidien
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Jeudi 31 août 2006 4 31 /08 /2006 16:08

Je pense, j’espère être « repartie » pour de bonnes bases aujourd’hui et ce grâce à un fait pourtant malsain : le jeûne…
Ca faisait 1 semaine que je faisais des crises et je commençais à manger et quelques jours que je "gardais"…
Je me sentais m’enfoncer dans la bouffe, je n’en voyais plus la fin, ma faim était accompagnée de l’envie.
Je ressentais le désir de manger, j’étais sans aucune résistance et sans cesse en manque de sucre, de chocolat, de féculents…

Je n’ai jamais été conciliante avec moi-même, chaque lendemain de crise devait être un jour de jeûne, une espèce d’étape punitive et purifiante de rigueur, même si je m’étais totalement  "purgé".
J’ai réussi hier, je n’ai pas mangé, je me suis juste  "récompensé" avec un grand verre de coca light le soir.
Ce jeûne était si euphorique alors que quelques jours ou même quelques heures auparavant, je voyais la nourriture avec euphorie.
Ce n’était qu’une promesse illusoire, une fois arrivée à moi elle se transformait en torture.
Ce que j’ai fait peut paraître idiot, sans fondements, insensé et j’en passe pour d’autres mais ça m’était nécessaire.
Aujourd’hui j’ai reprit confiance en moi (modérément) je me suis convaincu que je pouvais être encore capable de lutter et de ne pas être faible face à la nourriture.
Dès aujourd’hui j’ai décidé de faire passer ma perte de poids en secondaire. Enfin, c’est un mensonge, un déni… je ne fais ça que pour mieux maigrir, j’entends ces voix fourbes dans ma tête. J’ai l’impression de manipuler mon corps en lui faisant croire à une conciliation.
J’ai restreint mon alimentation à un tel point ces derniers temps, que mon corps ne m’obéit plus, je ne maigrirai pas comme ça mais surtout, jamais je ne guérirai.
Je ne serai pas prête à guérir tant que je ne serai pas mince et je ne pourrai si je continue n’être mince qu’en rentrant dans le vice de l’anorexie restrictive.
Je vais essayer de manger plus et c’est en faisant ça que je m’aperçois avec peur que l’anorexie est bien cachée mais toujours là, tapie quelque part et qu’elle continue à me manipuler en toute confidentialité.
Pourquoi est-ce si dur de me forcer à manger alors que j’ai du mal à me contrôler pour moins manger d’autres fois ?
J’aimerais tant avoir un rapport sain avec la nourriture, ne plus me sentir dans la nécessité de contrôler mon corps, ne plus accorder une telle importance à mon poids et l’apparence de mon corps…
Je comprends encore moins pourquoi je fuis les compliments, les vêtements à la mode et qui "mettent en valeur" alors que j’accorde tant d’importance à la minceur, ou plutôt la maigreur…
Cette image, je ne la recherche que pour moi-même et en plus elle est déformée et complètement abstraite.
Je recherche l’effacement, la modestie et pourtant je ne cesse d’être en compétition avec moi-même, avec les autres et de vouloir toujours réussir pour me flatter…
J’ai peur du regard des autres, je l’interprète souvent à tort et pourtant je cherche l’approbation…
Toutes ces maladies sont de telles contradictions, et j’ai envie de mieux vivre, de vivre en paix mais pour cela il va me falloir devenir le contraire de ce pourquoi je me suis toujours battue.
Je me suis tellement acharné à combattre ma faim, mes kilos et pour guérir il va me falloir faire taire ma faim et grossir ???
C’est si dur à accepter, j’en ai envie, mais je ne sais pas si j’y suis prête.
Ces maladies sont l’ambiguïté même et, on me demande d’arrêter de tout le temps chercher le pourquoi du comment ? d’arrêter de cogiter et analyser sans cesse ?
On me demande de ne plus penser à la bouffe, mais ça, j’en rêve, ne plus l’avoir en tête, ne plus saliver en pensant à de la nourriture de manière obsessionnelle et d’avoir la bouche asséchée et les mâchoires qui refusent de s’ouvrir en la voyant arriver à moi…
On me propose de m’occuper pour ne plus y penser, mais quoi que je fasse j’y pense, peu importe si je travaille, si je pense, si je fais du sport ou même si je suis entrain de parler ou d’écouter.
Ces obsessions sont là, elles me suivent et m’accompagnent chaque instant..

Pourquoi moi ? Je ne sais pas si je vais y arriver…
En fait aujourd’hui est un jour comme tant d’autres : j’ai l’impression que tout est repartie, que je suis sur la bonne voie puis le gouffre revient à moi quelques jours plus tard…


Par Juliette - Publié dans : Au quotidien
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Lundi 4 septembre 2006 1 04 /09 /2006 23:33


Je ne sais pas bien ce qu’il se passe en ce moment, j’ai l’impression de ne plus pouvoir manger sereinement.

J’ai l’impression que soit je réussi un jeûne, soit je grignote.
L’anorexie me rappelle un peu plus chaque jour, j’ai beaucoup de mal à ne pas me laisser convaincre et pourtant je mange.
J’ai l’impression que pour me punir chaque soir de lui avoir résisté une journée elle m’envoie une dose d’appel au sucre.
Ce ne sont pas les voix de la boulimie qui après, m’écrasent et me rabaissent en me demandant d’aller vomir en me disant que j’ai été faible, que je suis une truie incontrôlable.
J’entends une petite voix qui me répète « tu vois si tu m’avais écouté, si tu m’avais laissé faire » j’ai l’impression qu’elle me répète que chaque fois que je la repousserai je grossirai et mangerai…
C’est si dur de ne pas céder… C’est si dur de ne pas aller rejeter un écart ou même un repas. Je pense à mes dents et à tout le reste mais en même temps, le vide et la minceur sont tellement plus importants et convoités par moi.
Je suis une bombe auto-destructrice à retardement.
Peu importe le mal que je me fais pourvu que je sois mince, tous les moyens sont bons.
De nombreuses fois depuis ces 6 derniers mois l’anorexie a failli s’installer, je l’ai même appelé en pleine période de bv mais là c’est étrange c’est différent, je la sens me séduire, elle ne s’installe pas insidieusement en préparant le terrain pour me piéger.
Je ne pense qu’à ça, et qu’à elle tout le temps.
J’avoue que je ne sais pas combien de temps je pourrai lui résister…
Elle est si vicieuse, elle me fait peur et à la fois, elle me promet tant de choses qui, je le sais par expérience ne s’avèrent pas magiques un long moment.
Elle me convainc d’être indispensable, d’être la solution à tous mes problèmes
Je ne sais plus quelle direction emprunter. Tout le monde me met tellement la pression.
J’en ai assez des remarques sur mon alimentationJ’aimerai tant qu’on me foute la paix On m’accuse d’anorexie puis de boulimie puis de régime puis de normalité, je suis lasse de répondre. J’en ai assez de tous ces gens qui viennent critiquer.
Et surtout ça m’embrouille les idées, je ne sais plus où j’en suis et qui je suis…
Tout ce que je voudrais c’est mincir puis guérir. Je ne demande pas l’impossible.
J’aimerai qu’on me laisse, je voudrait m’effacer, je pensais pourtant être discrète…
J’ai l’impression que tant que je serai grosse je ne serai pas assez effacé et que les continueront à m’énerver, à me faire des remarques.
Et pourtant l’indifférence est un sort bien cruel !


Par Juliette - Publié dans : Au quotidien
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