Pensées diverses

Jeudi 24 août 2006

Et bien c’est simple, je les méprise du plus profond de mon être.
Déjà, leur nom est leur pire ennemi, comment peut-on être "pour l’anorexie" ou "pour la boulimie"?
On ne choisit pas de devenir malade, on est malade un point c’est tout.
Selon les sources, il existe plusieurs sortes de pro ana... les vraies, les malades qui ont choisie de vivre leur maladie après maints échecs chez les psys.
Celles-là, je peux les comprendre. C’est vrai que contrairement à la bonne croyance populaire, la psychothérapie ne vient pas au bout de tout.
C’est vrai que beaucoup de psys ne se rendent pas compte que derrière la maladie, il y a une personne malade et qu’en s’y prenant mal ils risquent de faire plus que briser la maladie elle même et de briser la personne malade.
C’est vrai, c’est dur de sortir de l’anorexie, tout est à remettre en question, la vision du corps mais surtout la vision qu’on a des autres, de la vie. Il faut pas seulement se réconcilier avec son corps et la nourriture mais avec l’humanité toute entière.
Et je peux très bien comprendre les filles qui ont réussi à se former un petit cocon de survie dans la maladie.
Parfois la réalité fait si mal qu’il vaut mieux la regarder de loin...
Mais pour moi ces filles ne sont pas "pour" l’anorexie, ces filles n’ont pas choisi d’y entrer et n’arrivent pas à en sortir ou n'y sont pas prêtes, elles font ce qu’elles peuvent pour survivre à cette réalité effrayante et restent entre elles dans leur petit monde.
Ces filles anorexiques malades qui se soutiennent, je peux les comprendre, ça peut être une façon de survivre à une réalité parfois trop dure à supporter.
Certaines choisissent dy rester car elle fait moins mal que la vie.
Et pour moi ces filles ne sont pas pro, elles ne sont pas pour lanorexie.

Mais il y a surtout dans les pro, ces idiotes qui essaient à tout prix de ressembler à Kate Moss ou Nicole Richie parce que cest la mode ou qui croient que l'anorexie est une force, elles sont en quête du dernier régime à la mode et se disent "tiens pourquoi pas être anorexique? elles sont minces les anos!"
Elles pensent que quand on est anorexique, on n'a plus faim, plus envie de manger, qu'on ne pense plus à rien.
Celles-là sont les plus dangereuses, elles ne savent pas de quoi elles parlent.
Des malades se reconnaissent très vite mais étant donné que la plupart des pro ne sont pas encore malades elles affirment qu'elles ne donnent pas de conseils à des filles non malades mais comment pourraient-elles les reconnaître, elle ne savent pas de quoi elles parlent?!!
L'anorexie est une maladie mentale très grave et dangereuse qui peut conduire à la mort, on a pas le droit de jouer avec ça et se dire pour lanorexie, je le prends comme une provocation.
Combien de fois jai pu lire que les vraies malades étaient des faibles pqelles tentaient de sen sortir et se disaient souffrir de lano, alors que elles savaient la maîtriser !
Elles sont agresives et ne savent pas de quoi elles parlent.
Combien de fois j'ai pu lire que les boulimiques étaient des truies (jamais une véritable anorexique ne dirait ça d’une boulimique)
Combien de fois j’ai pu lire qu’elles seules étaient fortes pq’elles savaient maîtriser l’anorexie alors que les malades étaient des faibles parce qu’elles souffraient?
Combien de fois j’ai pu lire que les malades qui cherchaient à guérir étaient des truies pq’elles allaient devoir grossir pour guerrir ?
Franchement, je ne crois pas qu’il existe une vértable anorexique qui sortirai des trucs pareils!
Quand je pense qu’elles s’aprennent comment vomir alors que je crains pour mes dents, pour mon cœur, mes gencives et mes cheveux tous les jours!
Quand je pense que je me suis déjà cassé une côte en toussant!
Quand je pense que j’ai des crampes, que j’ai mal aux genoux, que j’ai déjà souffert en marchant pq la couche de peau et de tissus adipeux qui séparait mon pied de la semelle était trop fine.
Quand je pense à toutes les fourmis que j’ai chaque jour dans les bras et les mollets...
Quand je pense que j’ai mal au dos, que je mange des fruits avec les dents sur le côté...

Ah, si elles savaient à quel point la boulimie ne fait pas maigrir et à quel point l’anorexie ne rend pas heureux !
Qu’elles y tombent, on verra ! Et je ne suis pas convaincu qu’elles y arriveront, je pense que la plupart deviendront boulimiques et pas anorexique... tant pis, on les aura prévenu !

Le pire c’est qu’on devient comme elle, c’est à celle qui sera la véritable anorexique ou la véritable boulimique!



Par Juliette
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Vendredi 25 août 2006

Les diètes protidiques font effectivement perdre du poids, et d'une manière confortable: la faim disparaît, un sentiment d'euphorie, lié au jeûne, s'installe. Les difficultés surviennent à l'arrêt de la diète, l'orsque l'exaltation de l'amaigrissement s'estompe, lorsque la faim revient, une faim intense, immense, gargantuesque, un désir incoercible de se remplir. Dans la majorité des cas, la personne bascule dans les TCA incontrôlables, les compulsions, des boulimies, et reprend plus de poids qu'elle n'en a perdu. Les risques de cures à répétitions ne sont pas minces: les TCA s'installent, le métabolisme baisse, on s'affaiblit, la prise de poids devient souvent définitive.
Pour moi, toutes les diètes sont risquées.

Mon expérience:
J'étais anorexique depuis bien longtemps, mais manger était un moment terrorisant, en même temps ça me soulageait et j'aimais ça et en même temps, je culpabilisais.
J'ai donc décidé un jour d'essayer ces poudres, elles représentaient un repas, elles étaient peu caloriques, c'était une espèce de bouillie sans goût, j'étais donc persuadée de ne plus ressentir tant de culpabilité.
Et puis je ne trouvais plus certaines sensations, je ne mâchais plus, je ne croquais plus, ça n'avait pas de goût et pourtant mes papilles s'excitaient de plus en plus.
Un jour, je n'ai rien compris, je me suis jetée sur tout ce qu'il y avait chez mes parents, c'était pas très préparé, pas réchauffé, c'était mauvais mais je mâchais, je croquais, je déglutissais, bref, je mangeais... mais c'était trop dur à supporter, toute cette nourriture en moi, j'avais fait tant d'effort pour ne pas tomber dans cette bestialité et là, écoeurée, j'ai foncé aux toilettes.
Tout c'était bien passé, vite et ça avait été si peu douloureux et le moment final, quand tout était sorti était tellement exaltant, j'avais trouvé la formule magique!
Je pouvais manger sans grossir et même mieux, me goinfrer, avaler tout ce que je m'interdisais sans grossir, il suffisait de vomir!
Et le cercle vicieux commença, cette petite solution est devenue une dépendance.


Par Juliette
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Dimanche 5 novembre 2006
J’ai eu droit à tant de messages depuis le commencement de mon ancien blog puis de celui-ci, des messages de pervers qui voulaient faire des photos de charme de filles maigres, une personne qui voulait me filmer en vomissant, des messages d’insultes…
Je suis une sale enfant gâtée et capricieuse, on m’a souhaité de m’étouffer en vomissant… J’en passe, il y en a tellement, pourtant ceux qui m’ont fait le plus mal et que j’ai reçu par dizaines ont été des messages dans les quels des filles me demandaient de les aider à devenir anorexique, des filles qui voulaient savoir comment vomir.

Je suis d’accord avec le raisonnement d’une blogueuse qui analysait ce phénomène pro ana en disant que quelque part ces filles étaient elles aussi des victimes, victimes de ces pensées, de cette société de pression.
Par contre elles deviennent pour moi des victimes volontaires dès lors qu’elles passent le cap de tenter les tca.

J’ai réalisé qu’en fait, en période de boulimie, chaque seconde, je pensais "faites que l’anorexie revienne" combien de fois j’ai pensé  "anorexie, reste avec moi"????
J’ai tellement peur de m’en séparer.
Ces filles pensent que l’anorexie et la boulimie vomitive sont un moyen de contrôle de poids.
Une fille un peu ronde ou une fille qui fait de la compulsion imagine l’anorexie comme un moyen de contrôle, en étant un peu profane et peu renseigné, ça représente un rêve, ça représente la maîtrise de soi, ça représente l’avènement de ses effort, enfin, la minceur!!!

A chaque fois pour les dissuader, on les insulte, les renvoie gentiment ou on leur expose encore l’état de santé désastreux mais rien ne les arrête.
Après tout, ma santé est un enfer, je m’en fou, ce n’est pas ça qui m’arrête moi non plus.

Combien de fois j’ai prit des bains glacés, je suis allée courir en plein hiver tôt le matin avec seulement un pull, combien de fois je me suis fait vomir, combien de fois j’ai prit des laxatifs…???!!!
Toutes mes obsessions passaient avant ma santé physique, cette dernière n’est que secondaire.

Alors je vais tenter une autre explication, mes problèmes en société.
Ben oui, ce serait tellement simple d’être une acharnée qui réussit à contrôler son poids et à se priver, où serait la souffrance?
Ca ne ressemblerait qu’à une question de volonté acharnée et pourtant irrationnelle.

Alors voilà ce qui accompagne les tca pour moi :
-    Je ne me suis jamais vu mince, quoi qu’il se passe, quel que soit mon poids, il est   toujours trop élevé, qu’il ne me reste que des os ou que je sois couverte de gras, rien ne me permet de profiter de mes efforts.
     Mon corps est une gêne permanente.
-    Oui, venons en à ça aussi : je n’ai pas de libido, alors ce corps je ne le transforme pas pour séduire ou encore m’adapter à la mode, en fait, je ne cherche qu’une chose : l’effacement, un certain retrait dans l’humanité.
-    Je me lave dans le noir ou avec le moins de lumière possible pour ne pas avoir à affronter mon image.
-    Je me lave avec un gant ou une fleur de douche, j’ai peur et je suis dégoûtée en touchant *ça*
-    J’ai des phobies, la phobie du dimanche, la phobie du temps qui passe, par exemple.
-    J’ai peur de passer à l’acte, aller m’inscrire à la fac a été très dur par exemple
-    Agoraphobie
-    Peur de ne jamais être à la hauteur et besoin de toujours être la meilleure
-    Peur de réussir autant que d’échouer
-    Dépression
-    Crises d’angoisse par centaines.
-    J’ai très peu d’amis, déjà tous ne comprennent pas, en plus je m’isole, et je ne comprends pas les autres, je me sens différente comme vivant sur une autre planète
-    J’ai peur quand je passe à la caisse des magasins de bouffe, peur qu’on juge mon panier, peur de me faire découvrir…
-    J’ai peur d’aller acheter des vêtements et d’affronter le regard des clientes et vendeuses
-    Je suis persuadée que tout le monde juge mon corps
-    Ah oui j’oubliais, j’ai des TOC et des manies. Petits exemple : j’ai mes rituels, je me lave les mains toute la journée, j’ai une tasse pour le café et un autre mug pour la soupe, je deviens angoissée si j’en change. J’ai toujours mes couverts avec moi parce que j’ai peur qu’il reste du gras sur ceux des autres.
-    Avoir des pores, savoir que je suis un être humain qui transpire est une pensée affreuse, je rêverai que tout soit propre et lisse.
-    Tout est ambigu, chaque pensée et propos a son contraire, je suis toujours en train de réfléchir, d’essayer d’analyser des situations pour devancer, pour me défendre et me protéger.
-    Je suis partagée entre l’envie de m’effacer, de paraître « transparente » et l’envie qu’on remarque que j’existe et qu’on me comprenne.
-    J’ai peur de tout le monde et de moi y compris
-    Je suis un mélange de bonne poire trop gentille, trop attentive et de pitt bull dès qu’on m’approche trop ou qu’on me reproche quelque chose
-    Je suis complexée et remplie de pudeur, pas forcément face à mon corps mais cela concerne tout le reste : intellect, mode de pensée, actions…
-    Je rêve d’exister et j’ai envie de disparaître de peur de m’affronter… (et si j’y arrivais, alors je me serai mit tous ces obstacles pour rien ?)
-    Mon corps n’est que mon défouloir, l’envie de minceur, de maigreur finalement, je dois inconsciemment m’en foutre, je me malmène, m’en demande toujours plus, je me brutalise et pourquoi ? pour rien, je souffre seule…
-    Je voudrais être immatérielle et j’ai pourtant une manière très matérialiste de traiter et de voir mon corps
-    Et je n’aborderais même pas la complexité des relations avec les autres, avec ma famille ni même ma relation interpersonnelle !!


Vous croyez pouvoir échapper à ça? Vous pensez pouvoir maîtriser? Vous imaginez que vous saurez faire le tri et ne pas tomber si bas?
Hum, je prends les paris, et je suis prête à monter très ,très, très haut!!
Alors laissez tomber avant de rentrer dans notre monde de dépression, d’angoisse et de torture mentale, cet état d’insatisfaction permanente…
Etre heureuse, anorexique et boulimique, c’est possible, oui, au début puis quand on se rend compte qu’on est prit au piége, c’est trop tard, on ne peut remonter qu’avec des efforts insurmontables.
Ces maladies sont des araignées, des monstres, on veut les garder autant que les fuir, la toile se resserre plus on essaie de d’en éloigner, elles nous manipulent et nous tuent en silence.
Personne ne voit rien, personne ne mesure la gravité, on meurt peu à peu en toute discrétion et dans l’indifférence.

Vous en passerez par là aussi…. Apprivoiser ana ou mia, c’est impossible, c’est un leurre, on a toutes essayé.
Néanmoins, en guérir, je reste pleine d’espoir, ça a été possible pour d’autres.
Je pense que quand on a eu la force de survivre et de vivre ces maladies on a forcément quelque part la force de les vaincre, maintenant : quand ? comment ?
Je n’en sais rien, je ne sais pas encore.
Par Juliette
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