L'anorexie

Jeudi 24 août 2006
Le jeûne est un moyen privilégié de rompreLe jeûne est un moyen privilégié de rompre avec la matérialité, un mode d'accès à la transcendance.


Description de l'anorexie

L'anorexie nerveuse ou anorexie mentale se caractérise par :

- Une maigreur pathologique alarmante : certaines anorexiques peuvent perdre la moitié de leur poids. Cet amaigrissement touche toutes les parties du corps.
- Un refus de maintenir un poids égal ou supérieur au poids minimal tenant compte de l'âge et de la taille.
- Une peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, même si le sujet a un poids anormalement bas.
- Une perception anormale par le sujet de la forme et le poids de son corps.
- Un jugement sur soi-même indûment influencé par la forme et le poids du corps.
- Un déni des conséquences d'un poids corporel anormalement bas. D'après l'anorexique, la non reconnaissance d'une réalité au caractère traumatisant relève d'un choix personnel, philosophique, ou religieux ; en fait, ce déni est bien souvent fondé sur des idées étranges, magiques, mystiques voire mégalomaniaques.


Nous distinguons 2 types d'anorexie : l'anorexie nerveuse de type boulimies / vomissements et l'anorexie nerveuse de type restrictif.
Anorexie nerveuse de type boulimies / vomissements

Cette anorexie est caractérisée par l'existence d'hyperphagies incontrôlées accompagnées de comportements compensatoires destinés à prévenir une prise de poids : vomissements provoqués, prises abusives de diurétiques ou de laxatifs.
Anorexie nerveuse de type restrictif

Contrairement à la précédente, cette anorexie ne présente aucun épisode d'hyperphagie ni de comportement compensatoire.
Anorexie et statistiques


L'anorexie se trouve exclusivement dans le monde occidental.
90 % des anorexiques sont des femmes.
Age : de 14 à 22 ans.

Le plus souvent ces jeunes filles sont issues de familles :
- appartenant aux classes sociales élevées ou moyennes supérieures.
- attachées à la promotion sociale et à la réussite scolaire.
- ayant un sens aigu de la compétition.
- où la relation de dépendance à la hiérarchie généalogique est marquée.

Dans la majorité des cas ces adolescentes :
- sont des filles uniques.
- obtiennent de bons résultats scolaires.
- possèdent un coefficient intellectuel souvent supérieur à la moyenne.
- ou alors le compensent par un surcroît de travail.
- ont été jusque là pour leurs parents un objet de perpétuelle satisfaction.

L'évolution de la maladie est :
- globalement favorable dans 70 à 80 % des cas.
- se stabilise dans 15 à 25 % des cas.
- comporte une Issue fatale dans 5 % des cas.



Les causes psychiques, les causes physiologiques



Le point de départ des troubles est à rechercher dans la psyché. L'anorexie débute de façon banale et insidieuse : l'adolescente, phénomène de mode agissant, se juge trop ronde et se sanctionne comme tant d'autres à son âge par un régime amaigrissant. Ce régime banal à son début, prend, dans l'existence de la jeune fille, une importance croissante pour devenir bientôt absolument envahissante. Sans savoir à quel moment précis les choses ont dérapé, le phénomène de mode a laissé place à une quête de pureté, voire de rejet de toute corporéité : le corps devient menace et doit à tout prix être maîtrisé.




Les causes biologiques


Les centres nerveux supérieurs influeraient sur l'hypothalamus, puis en cascade sur l'hypophyse et les autres glandes endocrines.



L'image du corps



L'anorexique a une image de son corps complètement déformée : prise par la terreur de grossir, elle se voit un corps énorme, alors même qu'elle est d'une maigreur anormale. Son idéal serait un corps sans substance, sans épaisseur, sans graisse, voire sans muscle. Les formes féminines, seins et hanches, deviennent autant d'objets de dégoût.

Il n'est pas rare que ce corps détesté soit l'objet de diverses punitions telles que de lui imposer des heures de marche forcée ou des bains glacés. Cette recherche de la souffrance, habituellement perçue par son entourage comme un comportement autodestructeur, est davantage considérée par l'anorexique comme une démarche positive, de nature ascétique, destinée à discipliner son corps, à s'en rendre maître, pour en définitive, s'en libérer. Ce décalage de jugement entre l'intéressée et son entourage engendre le plus souvent une situation conflictuelle enfant - parents.



Anorexie et dépendances



Ici se pose toute la problématique de l'identité ainsi que l'importance du conflit recherche de dépendance / lutte pour l'autonomie. L'anorexique doit choisir entre une dépendance à la mère et un refus absolu de cette dépendance. Comme dans les conduites addictives, le sujet, qui ne parvient pas à introduire le tiers qui lui permettrait de rompre la relation fusionnelle qui l'unit à sa mère, "substitue un besoin dont l'objet est contrôlable," - la nourriture - "à un désir dont la représentation implique nécessairement l'acceptation d'une séparation". Notons qu'ici, la nourriture à l'instar d'une drogue, ne se substitue pas à la mère, mais en devient un ersatz qui permet du même coup de faire l'économie d'une séparation impossible.



Le mode alimentaire des anorexiques

La période d'anorexie correspond à une tentative de neutralisation de la dépendance. L'échec de la prise d'indépendance se traduit par l'instauration d'une relation d'emprise sadomasochiste de type manipulatoire. Le refus de nourriture constituerait une stratégie défensive contre le risque d'un effondrement des remparts narcissiques du sujet.

Le terme d'anorexie qui signifie absence d'appétit, fut bien mal choisi dans le cas de l'anorexie mentale, car l'anorexique lutte avec acharnement contre ses appétits. Les anorexiques mentales restrictives y parviennent de façon continue. Les anorexiques mentales boulimiques - vomisseuses sont, quant à elles, parfois sujettes à des boulimies intensément culpabilisées. Elles ne parviennent à la maigreur qu'en se faisant vomir, par absorption parfois massive de médications laxatives et / ou diurétiques, ou encore en se livrant à une débauche d'exercices physiques.
Le mode alimentaire de l'anorexique prend fréquemment un caractère singulier. Par exemple : l'aliment peut être considéré comme cause de salissure de l'intérieur du corps et des intestins ; l'anorexique se nourrit alors de petites quantités de laitages, de fruits secs et de sucreries, qui sont à ses yeux des aliments sans résidu.



L'évolution est variable. Parfois spontanément grâce à une rencontre heureuse, un réaménagement des relations avec les parents, certaines anorexiques se remettent à manger et reprennent un poids compatible avec une activité normale.

Dans 70 à 80 % des cas traités, l'évolution se révèle globalement favorable sur le plan du poids et du comportement alimentaire, quoiqu'on puisse noter la persistance de troubles psychopathologiques tels que des difficultés sexuelles et relationnelles, des troubles du caractère, des phobies et des anomalies du comportement alimentaire, qui nécessitent une prise en charge psychothérapique.
L'anorexie peut être mortelle dans 5 % des cas, généralement à la suite de cachexie, ou état d'affaiblissement généralisé, entraînant un déséquilibre en eau et en sels minéraux, des troubles cardiaques ou rénaux, une infection, voire une rupture de l'estomac après une boulimie ou une reprise trop brutale de réalimentation.



L'évolution de la maladie


Les 15 à 25 % restant, l'anorexie se chronicise. Au bout de quelques années, après l'échec de multiples traitements, on se trouve face à une personne au corps sans âge, comme momifiée, à l'état physique piteux. On parle alors de tableau de Kwashiorkor : la carence en protéines entraîne des œdèmes, gros foie, lésions de la peau, perte des cheveux et des poils, caries et perte des dents, lésions du cœur et des reins. Le dynamisme du début laisse la place à la langueur et au repli sur soi.
Il n'est pas rare que l'ancienne anorexique devienne boulimique.

Des rechutes surviennent dans 10 à 50 % des cas, en particulier après un mariage ou une première naissance.




Anorexie et relation interpersonnelle

La relation interpersonnelle est très perturbée : la dépendance aux parents se pose en termes conflictuels.
La sexualité est globalement refusée et l'arrêt des règles est vécu comme un soulagement.
Par Juliette
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Samedi 17 mars 2007

I  EPIDEMIOLOGIE

Classiquement, l'anorexie mentale est une maladie des pays occidentaux et riches (en tout cas à l'abri du besoin alimentaire), mais ceci semble être en évolution apparition de cas au Japon, Moyen Orient, Afrique (mais manque de données) peut être parallèlement à l'occidentalisation de ces pays. La notion classique d'une maladie des couches socio - économiques élevées n'est plus valable - toutes les couches sociales peuvent être touchées.
L'âge de survenue se situe entre 12 et 18 ans dans 95 % des cas, et majoritairement l'anorexie mentale survient chez des filles (- de 10 % sont des garçons).
La prévalence, chez l'adolescent de race blanche dans les pays occidentaux entre 12 et 18 ans est de 0,5 %.
L'incidence en France est de 2 à 8 cas pour 100 000 habitants par an. On note depuis 2 décennies une tendance à l'augmentation de la fréquence de l'AM.


II – DEFINITION

La définition de l'AM selon la CMI (Classification Internationale des Maladies établie par l'OMS) comporte cinq critères :
Perte de poids ou chez les enfants incapacité à prendre du poids, conduisant à un poids inférieur à au moins 15 % du poids normal ou escompté, compte tenu de l'âge et de la taille.
Perte de poids provoquée par le sujet qui évite les aliments qui font grossir.
Perception de soi comme étant trop grosse avec peur intense de grossir, amenant le sujet à s'imposer un poids limite faible à ne pas dépasser.
Présence d'un trouble endocrinien diffus de l'axe hypothalamo - hypophysogonadique avec, aménorrhée chez la fille et perte d'intérêt sexuel et de puissance érectile chez le garçon.
Ne répond pas aux critères A et B de la boulimie:
A – épisodes répétés d'hyperphagie (au moins 2 fois par semaine pendant au moins 3 mois) avec consommation rapide de quantité importante de nourriture en temps limité.
B - préoccupation persistante par le fait de manger avec désir intense ou besoin irrépressible de manger.


III - LA SYMPTOMATOLOGIE

A - Triade principale : Anorexie, Amaigrissement Aménorrhée

1 - Anorexie
Il s'agit plutôt d'une restriction alimentaire témoignant d'un comportement perturbé. Ce comportement est souvent rationnalisé par la patiente (nécessité de perdre du poids, problème digestif, pseudo - allergie alimentaire), et peut être accompagné d'épisodes de boulimie, de manoeuvres purgatives (vomissements provoqués, prise de laxatifs), de potomanie.

2 - Amaigrissement
Plus ou moins rapide, il sera apprécié par plusieurs éléments :
1/ Etude de la courbe de poids et de croissance: recherche d'une cassure.
2/ Recherche de signes cliniques de dénutrition - altération de la peau et des phanères (peau sèche, squameuse, mélanodermie, ongles cassants, chute de cheveux), altération dentaire.
3/ rétention hydrosodée (OMI)
4/ hépatomégalie discrète
5/ glossite
6/ hypothermie
7/ Calcul du BMI = Poids en Kg /Taille au carré en mètre ( 75 Kg / 1,77 x 1,77 ou 75/1.77/1.77
Normalement, le BMI est compris entre 18 et 25.
Surpoids si BMI entre 25 et 30
Obésité si BMI > 30
Maigreur si BMI < 18
La dénutrition est importante en cas de BMI < 14 (il existe alors un risque vital).
Hospitalisation fréquente pour BMI de 13 à 14.
Risque de décès non négligeable si BMI < 11 (30 % des patientes).

L'anorexie et l'amaigrissement ont ceci de particulier qu'ils sont NIES par la patiente car il y a distorsion de l'image du corps. C'est ce DENI qui est fondamental pour le diagnostic et qui permettra de faire la différence avec un amaigrissement secondaire à une pathologie organique.

3 - Aménorrhée
Peut être contemporaine, suivre, voire précéder l'amaigrissement.
Elle se définit comme :
absence de cycle pendant 3 mois si les cycles étaient réguliers auparavant
absence de cycle pendant 6 moïs si les cycles étaient irréguliers.
Elle est due non seulement à l'amaigrissement mais aussi à un dysfonctionnement hvpothalamo - hypophysaire,

B - Signes d'accompagnement

1 - Signes physiques
- bradycardie, hypotension
- frilosité
- lanugo
- hypertrophie parotidienne chez les vomisseuses
- RGO, constipation, retard à la vidange gastrique.

2 - Autres troubles du comportement
Outre les comportements alimentaires perturbés, il existe en général :
- hyperactivité physique et intellectuelle (pratique intensive de sports, hyperinvestissement scolaire)
pauvreté de la vie relationnelle blocage de la sexualisation,

C - Bilan biologique

Devant une suspicion d'AM, il faut faire un bilan biologique minimum pour éliminer un autre diagnostic et rechercher des complications.

Ce bilan comporte :
NFS VS, CRP
Glycémie,
Natrémie. Kaliémie, Créatinine
Calcémie, Phosphorémie,
Cholestérol
Transaminases si le BMI est bas


la VS est généralement basse en cas d'anorexie mentale : une VS supérieure à 10 à la première heure doit faire rechercher une infection, une inflammation. le bilan endocrinien n'est pas nécessaire au diagnostic : s'il était fait, il retrouverait un syndrome de basse T-3, un cortisol élevé, et une baisse des hormones ovariennes.


IV - COMPLICATIONS POSSIBLES DE L'AM

Elles peuvent être lourdes en terme de morbimortalité

A - Complications cardiaques

Possibilité de :
- troubles du rythme cardiaque secondaire à des troubles ioniques
- cardiomyopathie non obstructive si dénutrition importante (sans régression avec la guérison)

B - Complications digestives
1 - Les vomissements chroniques peuvent entraîner oesophagite, syndrome de Mallory-Weiss, syndrome de Boerhave : rupture oesophagienne secondaire aux vomissements.
2 - Dilatation aiguë de l'estomac pouvant être secondaire à une crise de boulimie ou à une réalimentation forcée. Elle réalise un tableau d'occlusion digestive haute avec risque de rupture gastrique.
3 - Syndrome de la pince mésentérique - le 3ème duodenum est coincé entre l'aorte et l'artère mésentérique, entraînant un tableau d'occlusion digestive haute.
4 - Hépatite. Pancréatite

C - Complications neurologiques
Diminution de la concentration et de l'attention
Crise convulsive en cas d'hypoglycémie ou d'intoxication par l'eau
Neuropathies : carentielles si dénutrition importante, ou atteinte spécifique du SP Externe.

D - Complications osseuses
L'ostéopénie est fréquente et peut se compliquer de tassements vertébraux, (notamment après 5 ans d'évolution).

E – Complications biologiques
Hypo ou hyper natrémie, hypokaliémie, augmentation de la créatinine (insuffisance rénale fonctionnelle), hypoglycémie, hypophosphorémïe, hypomagnésémie, hypercholestérolémie, hyperamylasémie.
Anémie, leucopénie, thrombopénie.


V - EVOLUTION ET PRONOSTIC

A - Facteurs de mauvais pronostic
Age de début très jeune (avant 10 ans) ou très tardif (après 20 ans),
Longue évolution avant première prise en charge effective
Association à une vraie boulimie ou au moins à des vomissements fréquents
Forme limite avec un état psychotique
Importance et rapidité de la perte de poids.

B - Evolution
C'est une pathologie grave.

Globalement :
1/3 guérit,
1/3 évolue sur un mode plus ou moins chronique
1/3 s'aggrave progressivement
Il y a 20 % de mortalité après 20 ans d'évolution (toutes causes confondues suicides, et complications somatiques).


VI - LA PRISE EN CHARGE DE L'ANOREXIE MENTALE

Elle est multidiciplianire et idéalement - au moins au départ - dans une structure spécialisée.

A - Annoncer le diagnostic
Annoncer le diagnostic en parlant bien d'AM sans dramatiser ni minimiser, en précisant qu'il s'agît d'un trouble du comportement. Indiquer qu'on se porte garant de la sécurité somatique à moyen et long terme. Définir les critères de gravité et les énoncer. Indiquer rapidement qu'il s'agit d'une prise en charge "à plusieurs et de longue durée".

B - Traitement psychiatrique
Aucun médicament n'a fait la preuve de son efficacité. Le PROZAC" a été utilisé dans les associations avec la boulimie.
La psychothérapie qu'elle soit ambulatoire ou en hospitalisation programmée, sera toujours dans un premier temps une psychothérapie cognitivo - comportementale (consensus pour ce type de psychothérapie) avec possibilité dans un deuxième temps d'ouverture vers d'autres approches psychothérapiques : analytique, arthérapie, thérapie à médiation corporelle.

C - Suivi des AM au long cours
Sachant que la prise en charge est toujours longue et sera toujours bipolaire, (un somatîcien et un psy) quel peut être le rôle du MG ? Assurer des consultations régulières avec des objectifs de poids, de modifications du comportement, examen clinique à chaque consultation : courbe de poids, surveillance de critère de gravité.

1 – Diététique
Tenue d'un carnet alimentaire (pour certains)
Repérer les blocages et les évitements alimentaires
Restructurer l'alimentation autour de repas normaux avec des aliments à haute densité calorique
Supplémentation type CLINUTREN°, supplément non hyper protidique mais hyper glucidolipidique.

2 - Sur un plan médicamenteux
Pas de stimulant de l'appétit (sans intérêt), ni d'hormones thyroïdiennes (dangereuses sur, le plan CV).
Peu de place pour les médicaments à visée digestive sauf MOTILIUM° pour les grandes vomisseuses.
Si nécessité absolue de laxatif : pas de laxatif osmotique (risque d'augmentation des troubles ioniques) mais possibilité d'huile de paraffine, de fibres, de son.
Selon les cas, supplémentation possible en potassium, phosphore, calcium, magnésium, zinc, fer, vitamine.
Traitement oestroprogestatif : dans un but contraceptif et pour prévenir l'ostéopénie (si aménorrhée supérieure à 2 ans), en sachant que l'hypercholestérolémie liée à l'AM n'est pas une contre - indication.

LES SITUATIONS D'URGENCE
Sans se laisser piéger par l'aspect squelettique d'une patiente sans critères de gravité réelle, et sans se laisser rassurer par le déni de la patiente, quels sont les critères d'hospitalisation urgente ?
Complications digestives à type d'occlusion haute, pathologie oesophagienne grave, vomissements avec inhalation.
Convulsions, diminution de l'attention et de la concentration, ralentissement idéatoire.
Bradycardie < 40, ou tachycardie > 100, TA < 8, troubles du rythme : fibrilation, BAV, ECG : ST sous dénivellé, T négative après V3.
Aphagie totale avec perte de poids rapide et non maîtrisable et malaises orthostatiques
Hypothermie < 35"

Biologiquement
K < 2,5 mmol/litre
Na < 125 mmo/litre ou > 150 mmo/litre
Mg < 0,5 mmo/litre
Phosphore < 0 5 mmo/litre
Tous ces troubles peuvent être responsables de torsades de pointe
Hypoglycémies répétées avec glycémies < 2,5 mmol/litre
GB < 2 000 ou plaquettes < 100 000
Insuffisance rénale fonctionnelle (augmentation de la créat)
Augmentation des transaminases et des phosphatases alcalines.


source: Texte reproduit sur le site de FMC
PARIS-NORD
Maïté Lavielle et Véronique Beau,
membres de SFTG PARIS-NORD
Expert : Dr ROUER SAPORTA (Psychiatre)
Par Juliette
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Vendredi 30 mars 2007
Il existe un risque vital lié à l’anorexie et aux complications physiologiques qu’elle entraîne. Environ 10 % des adolescentes décèdent par suicide ou dénutrition.

La principale difficulté au niveau des soins réside dans le refus du traitement. En effet, ces adolescentes, qui ne se considèrent pas comme malades, rejettent les consultations spécialisées ou le suivi en institution. Ce refus pose un réel problème car, en raison du risque vital, l’anorexie doit être traitée le plus tôt possible. De plus, le trouble s’installant, un système de renforcement de comportements alimentaires se met en place et affecte sensiblement les potentialités de rémission.

Les soins sont généralement constitués de deux phases : l’hospitalisation et un suivi ambulatoire qui s’effectuent en parallèle.

L’idée de l’hospitalisation d’une adolescente anorexique est d’écarter le risque vital. Il s’agit d’atteindre un objectif de reprise de poids à court terme (nécessaire pour ôter tout risque vital) et un objectif de re-nutrition (l’anorexique ayant de nombreuses carences physiologiques). Quand l’état de l’anorexique est trop critique, une sonde alimentaire est posée.

L’objectif de reprise de poids à long terme, établi sous forme de contrat avec l’adolescente, a pour but d’atteindre un poids qui correspond à celui de la taille de l’adolescente, mais qui s’écarte de la maigreur. Suivant les établissements, il s’agit de retourner progressivement à une alimentation dite « normale » et d’acquérir un poids minimum dit de « sortie », qui permet à l’adolescente de quitter l’hôpital.

Au début de l’hospitalisation, voire même en cours de celle-ci, on isole l’adolescente de son milieu familial. En fonction du contrat et du poids repris, l’isolation est levée et les contacts avec la famille peuvent reprendre progressivement. L’isolation est une période douloureuse pour les parents comme pour l’adolescente, mais les parents doivent être solidaires de l’équipe soignante.

Pendant l’hospitalisation, l’adolescente peut participer à diverses activités comme des ateliers d’ergothérapie, des groupes de relaxation ou de psychomotricité, des groupes de parole. Le but étant d’engager le dialogue avec l’adolescente.

Après l’hospitalisation, un suivi ambulatoire est maintenu. Il s’agit d’une part de maintenir une prise en charge purement médicale pour continuer à suivre l’évolution du poids. D’autre part, l’adolescente poursuit un travail psychothérapeutique (individuel, psychodrame, cognitivo-comportemental).

Ces différents traitements contre l’anorexie ont cependant une efficacité limitée et trois voies sont possibles :
• les adolescentes retrouvent une vie normale ;
• la guérison est partielle et la rechute possible : le poids demeure faible, il y a encore des troubles psychologiques ;
l’anorexie persiste et nécessite de continuer les soins.

Il existe également des groupes qui permettent aux parents de se parler et de partager leur expérience, de comprendre les problèmes de leur adolescente et éventuellement de reconstituer ou de stabiliser le couple.

Extrait de l’ouvrage "L’adolescent et la violence" de Caroline Sahuc paru aux éditions Studyparents

Source : http://www.studyparents.com
Par Juliette
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