Un peu de moi

Mercredi 16 août 2006

         
J’étais si heureuse encore enfant.
Personne ne se regardait, personne ne se moquait, on riait tous et tout le temps, pas besoin d’effort d’adaptation, pas besoin de trîcher...

Au collège tout a changé.
Je ne comprenais plus, on jouait pourtant au même jeux il y a encore 2 mois, on était encore amis il y a 2 mois, vous étiez comme moi il y a encore 2 mois.

Je me suis retrouvé dans un univers parrallèle, tout le monde avait changé de comportement, d’apparence, de mentalité, de mode vestimentaire...
Pourquoi tant s’en faire ? Pourquoi accorder tant d’importance au regard des autres? Les autres sont les mêmes qu’il y a 2 mois et ne se regardaient pas de cette manière, rien n’aurai du changer.

Des clans se sont formés, des petits groupes et les amies changeaient d’amies.
Certains avaient l’air heureux, ils pouvaient changer, être ce qu’ils n’osaient pas encore être, d’autres suivaient le mouvement en titubant et essayaient de s’adapter en ne montrant pas les efforts qu’ils faisaient pour devenir comme eux : les élèves cools.
Et d’autres comme moi étaient perdus.

Je ne voulais pas changer moi, je voulais rester la même et pourquoi pas évoluer au fil du temps comme je l’avais toujours fait.
Tout le monde avait changé et je n’étais plus la même pour les autres.
Puisque c’était comme ça, je ne changerai pas, je continurai à avoir des bonnes notes, je garderai mes serres-têtes, je n’aurai que faire de vos vêtements de marques à la mode que vous n’aimez même pas et que vous garder juste pour paraître plus « cools ».
Moi, je m’en fou. C’est un problème d’argent ? Non c’est une question de dignité, je resterai la même !
Je ne mettrai pas de posters de stars ou de chanteuse à la mode dans ma chambre juste pour faire comme les autres, je n’irai pas fumer en cachette derrière le collège pour faire comme les grands ! De toute façon, je ne veux pas devenir grande !
Je ne me soucirai pas de quand mes premières règles pourraient bien arriver et quand ma poiterine pourrai bien finir par poindre, pourvu qu’elle ne vienne pas...
Et la montrer aux cours de sports et de natation ?
Pas pour moi, je resterai telle quelle.

Ils veulent jouer la comédie entre eux, se regarder et jouer cette compétition de l’apparat, moi je m’en fou, je serai en compétition avec vous mais ma quête sera plus noble, j’aurai les meilleures notes !
Vous ne voulez plus de moi comme amie et bien tant mieux, je n’ai pas envie de ce que vous êtes devenus comme amis et je ne veux pas changer !
Restez dans votre petit monde de trahison, moi je resterais une petite fille, je ne me pervertirai pas pour plaire aux autres, je me plairai à moi même.

Je ne vais pas me rendre malheureuse alors que je peux rester heureuse !!






Par Juliette
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Mercredi 6 septembre 2006
Les autres ont peur des différences, la différence effraie et fait fuir.
C’est un fait sur lequel j’ai beaucoup médité, mais je n’ai jamais réussi à comprendre les autres.
J’ai eu droit à une autre maladie : l’épilepsie et cette maladie est peu connue, c’est une maladie neurologique mais pourtant elle est connue pour beaucoup comme une maladie psychiatrique.
La forme qu’elle prenait était très peu connue chez moi.
Je n’ai jamais fait les choses à moitié, ou plutôt mon corps haï m’a toujours fait du mal de la manière la plus complète qui soit.
Je ne faisais pas de convulsions, je ne tombais pas, mais durant quelques secondes mon cerveau "buggait".
En fait, la tumeur était dans l’hémisphère gauche et produisait une espèce de petit carrefour pour les neurones. Cette tumeur se trouvait en plein dans les fonctions du langage, de la mémoire…
Je ne tombais pas mais durant quelques minutes, je ne pouvais plus parler, j’étais comme déconnectée, je ne reconnaissais plus le lieu où j’étais, les personnes avec qui j’étais et je ne pouvais pas m’exprimer. Ca ne se voyait pas toujours…
Cette maladie a été dure mais c’est surtout les traitements médicamenteux et les chirurgies qui m’ont nuit.
J’arrivais à penser, à travailler à écrire. La maladie ne me handicapait pas mais les médicaments oui.
J’étais pharmaco résistante et bien évidemment j’avais droit aux effets secondaires des médicaments sans leur entière efficacité.
3 années de ma vie ont été dures et m’ont fait me rendre compte qu’à chaque petite différence déstabilisante, tout le monde fuyait.
Je me suis retrouvée seule, même mes "meilleures amies" m’ont déserté… je n’étais pas devenue folle mais voilà, mon langage était ralenti, je faisais de l’amnésie, j’étais "shootée" par les médicaments et je faisais, fait logique : une dépression.
Tout le monde est parti.
Je n’ai jamais eu tant besoin d’ami mais il n’y avait presque personne et celles qui restaient avaient changé face à moi.
Elles auront beau dire le contraire, j’en suis convaincu, m’en voulaient d’être comme ça. Elles auraient voulu que je me secoue…
Maintenant que l’opération a réussi, je suis guérie après 10 ans de maladie et 4 ans de calvaire et j’ai selon elles changé.
Mais je n’ai pas changé, c’est ce qu’elles ne comprennent pas. Tout d’un coup selon elles, j’ai réussi à aller mieux, à me remettre sur pieds.
Elles ne comprennent pas que j’étais exactement la même qu’aujourd’hui, je comprenais tous leurs faits et gestes envers moi et surtout toute leur ignorance et hostilité.
Le problème c’est que mon cerveau marchait au ralenti pour mes réactions verbales mais mes émotions étaient encore là, elles étaient les mêmes.
A vrai dire, j’ai beaucoup de mal à parler ça tellement ça m’en fait justement.
J’ai beaucoup de mal à manger ou je fais des crises dès que je ressasse ces faits passés.
Ca a été très douloureux d’être traité de cette manière de la part de ses  "amies", j’avais maintenant la force de parler, et surtout mes fonctions cérébrales marchent maintenant au même rythme que celles des autres. Je voulais des explications et leur dire ce que je pensais, à ce jour, je pouvais me défendre.
Je ne sais pas si j’ai bien fait d’entreprendre ça.
Je ne comprendrai jamais l’être humain. Je ne comprends pas pourquoi, moi je suis toujours en train de ressasser, s’analyser, de cogiter, de me remettre en question, d’essayer de comprendre ce que j’aurai pu ou du faire alors que jamais les autres ne font ça, les autres affirment qu’ils avaient raison, que c’était comme ci comme ça.
Je suis toujours en train de me faire du mal, de me demander ce que j’ai fait de mal, de m’accuser. Pourquoi est-ce que je recherche ma faute dans chaque situation qui m’a fait du mal ?

Alors que justement les autres, incapables de se remettre en question les autres ne font qu’incriminer les autres pour expliquer leur bêtise qu’ils ne considèrent pas comme telle puisque pour eux, elle a été motivée par la faute de l’autre ?????
C’est mon plus grand problème, mon plus gros "trouble tête", je ne comprends pas les autres, je suis si différente.
Leurs explications ont été  "mais, toi tu es différente, tu es d’une telle générosité, il faut que tu comprenne", voilà, tout est encore ma faute, pourquoi ne pas plutôt affirmer son égoïsme ?
Ca me semblerai plus simple.
Je ne suis pas généreuse, je suis juste normale. On a besoin d’aide, je viens, on a besoin de moi, je réponds. Quelqu’un va mal je vois ce que je peux faire, quelqu’un a besoin d’écoute, je l’écoute. Il n’y a rien de paranormal ou de généreux là-dessous ? Je ne comprends pas… c’est comme ça que ça marche non ?
J’aimerai comprendre les autres mais je ne trouve pas de réponses, plus j’y repense et plus de questions arrivent, je ne trouve qu’une conclusion : je suis différente.
Je me sens désarmée face aux autres.
J’ai l’impression qu’on m’a menti à ma naissance, j’ai atterrit dans un monde de trahison et je n’ai pas les épaules qu’il faut pour me défendre.
Tout le monde me fait peur et je me fait peur aussi.
Je me méfie sans cesse des autres, je pense tout le temps qu’il doit y avoir un vice caché pour qu’on vienne me voir.
Si je ne suis pas à hauteur pour les autres, je ne le serai pour personne, je n’arrive pas à me voir de qualités ou d’intérêt quelconque parce qu’on ne m’en fait pas ressentir.
Les autres sont une espèce de miroir quelque part.
S’ils me voient d’une certaine manière c’est comme ça que je vais me voir aussi.
Jusqu’ici personne n’y a vu quelque chose à part une amie qui comme par hasard, elle aussi est malade (anorexique et bv)

Ce n’est pas faute d’essayer de m’adapter, mais je n’y parviens pas.
On me demande tout le temps plus, mais eux, pourquoi c’est à moi de m’adapter ?
Comment pourrai-je avoir un jour confiance en moi si ma présence est toujours soumise à condition ?

Par Juliette
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Lundi 11 septembre 2006
Je suis ton conseil, je mets ton com en post, un post que je relirai à chaque fois que ça ira très mal. J’essaierai de toutes mes forces de m’en persuader.
Merci encore pour toute l’aide que tu m’apportes et ton soutien.
T’avoir rencontré il y a maintenant plusieurs mois m’a été très précieux.
Je te souhaite de tout cœur de guérir et même si cela est long, j’ai confiance en toi et ta guérison.
On ne se rend pas tellement compte de sa valeur quand on atteint de TCA mais je t’admire et tiens à te dire que tu fais preuve d’un grand courage, bien plus important de ce que tu semble réaliser.
La maladie a beau rester pour l’instant, je suis pleine d’espoir en ce qui te concerne.
Merci encore Justine.
Je t’embrasse très fort et essaie tant que je peux de t’envoyer des ondes positives, j’en ai aujourd’hui et j’espère qu’elles te parviendront de tout cœur.




Coucou ma p’tite Juliette. Que de souffrances au travers de ces mots ! Tu sais, pour tu aies une telle image de toi, c’est que plus jeune, tu as dû en être imprégnée. Imprégnée d’une image négative, de reproches, de critiques. Ou alors, que les gens n’ont pas su te complimenter à hauteur de ce que tu méritais, pas su t’apprécier, te prouver tes vraies valeurs. Du coup, tu es comme programmée ainsi. Pour te sentir faible, te dévaloriser, te critiquer, ne pas t’accepter.

Il faut qu’aujourd’hui tu arrives à « formater » tout cela et repartir sur un tout nouveau programme ! Je ne te connais pas, on ne s’est jamais vu, mais il y a une chose dont je suis certaine, c’est que tu es quelqu’un d’exceptionnel. Je le sais, je le sens. A travers ce que tu écris, tes expressions, ta façon d’échanger avec les autres, ta manière de raisonner…
 
Tu es jolie, tu es intelligente, pleine de savoir, de douceur, de générosité, de chaleur… Tu sais être tolérante, à l’écoute, conciliante, volontaire, courageuse… Tu es sensible, ce qui est aussi une grande qualité. Une ouverture d’esprit comme personne et des facultés d’analyse immense… Je t’assure, je sens combien tu es d’une richesse à part, extraordinaire. Alors je t’en prie, cultive-là, exploite-là pour te permettre de foncer vers la vie, la vraie vie. Vers le bonheur, vers les autres… Accepte ton corps comme celui qui va être ton allier pour t’emmener au bout de ce tunnel dans lequel tu te trouves. Grâce à lui, tu verras enfin la lumière. Admet que tu mérites plus que quiconque d’être connue. D’être RECONNUE surtout, en tant que personne, et comme une personne formidable.

Si tu n’arrives pas à t’accepter physiquement, accepte au moins de voir en toi toutes tes richesses et valeurs intérieures que tu possèdes. Accepte de les partager avec les autres, de leur montrer, leur prouver ce que tu vaux… Et tu verras, tu finiras par occuper cette immense place que tu mérites tellement dans la vie.

Fonce avec tout ce que tu as ma douce… Fonce.

Prends soin de toi, bichonne-toi un peu. Donne à cet arbre qui te soutient, tout ce dont il a besoin pour qu’il puisse se protéger de toute agression extérieure et qu’il te permette d’aller loin, très loin.
 
Je sais que tu vas t’en sortir. Je le souhaite du fond du cœur. Fais-moi confiance et accepte que je puisse te dire que tu es vraiment quelqu’un de bien. Va te regarder dans un miroir. Qu’est-ce que tu vois ? Un vilain bouton ? Un petit bourrelet disgracieux sur la droite, une petite ridule sur la gauche ? Ah ! un vilain grain de beauté, ou peut-être le bout de ton nez un peu trop long alors ? Pas super le tableau hein ? C’est ça que tu penses ? Et bien dans la vie, pour être heureuse, pour vivre avec quelqu’un, pour avoir des enfants, pour travailler, pour découvrir le monde, pour apprécier les petits bonheurs du présent…. Le grain de beauté n’est pas un handicap, le bourrelet n’empêche en rien d’être mignonne et de plaire, le nez trop long n’est remarqué par personne, le bouton est identique à tous ceux que les autres ont eux aussi sur le visage, et la p’tite ridule, la preuve que l’on avance dans l’âge comme n’importe qui… Bref, tous ces petits défauts ne sont qu’artificiels et en aucun cas un frein vers la vraie vie.
Par contre, tout ce que tu as à l’intérieur, de si grand, de personnel, de si riche. Regarde bien. Oui, là-bas, tout au fond de toi. Alors ça ma belle, tout le monde ne l’a pas, et c’est de cela dont tu vas avoir besoin pour commencer l’œuvre qui sera TON ŒUVRE. Celle de ta vie. Tout cela les gens vont y faire attention, le mesurer et l’apprécier.

Alors explose ma belle et montre enfin tout ce que tu possèdes que les gens n’ont pas eu encore la chance de découvrir. Et n’oublie pas que je suis là, près de toi. Pour te soutenir. Je pense fort à toi et t’embrasse très sincèrement. Je sais que tu vas y arriver. Tu le mérites tellement !




Par Juliette
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