Mercredi 6 septembre 2006
Les autres ont peur des différences, la différence effraie et fait fuir.
C’est un fait sur lequel j’ai beaucoup médité, mais je n’ai jamais réussi à comprendre les autres.
J’ai eu droit à une autre maladie : l’épilepsie et cette maladie est peu connue, c’est une maladie neurologique mais pourtant elle est connue pour beaucoup comme une maladie psychiatrique.
La forme qu’elle prenait était très peu connue chez moi.
Je n’ai jamais fait les choses à moitié, ou plutôt mon corps haï m’a toujours fait du mal de la manière la plus complète qui soit.
Je ne faisais pas de convulsions, je ne tombais pas, mais durant quelques secondes mon cerveau "buggait".
En fait, la tumeur était dans l’hémisphère gauche et produisait une espèce de petit carrefour pour les neurones. Cette tumeur se trouvait en plein dans les fonctions du langage, de la mémoire…
Je ne tombais pas mais durant quelques minutes, je ne pouvais plus parler, j’étais comme déconnectée, je ne reconnaissais plus le lieu où j’étais, les personnes avec qui j’étais et je ne pouvais pas m’exprimer. Ca ne se voyait pas toujours…
Cette maladie a été dure mais c’est surtout les traitements médicamenteux et les chirurgies qui m’ont nuit.
J’arrivais à penser, à travailler à écrire. La maladie ne me handicapait pas mais les médicaments oui.
J’étais pharmaco résistante et bien évidemment j’avais droit aux effets secondaires des médicaments sans leur entière efficacité.
3 années de ma vie ont été dures et m’ont fait me rendre compte qu’à chaque petite différence déstabilisante, tout le monde fuyait.
Je me suis retrouvée seule, même mes "meilleures amies" m’ont déserté… je n’étais pas devenue folle mais voilà, mon langage était ralenti, je faisais de l’amnésie, j’étais "shootée" par les médicaments et je faisais, fait logique : une dépression.
Tout le monde est parti.
Je n’ai jamais eu tant besoin d’ami mais il n’y avait presque personne et celles qui restaient avaient changé face à moi.
Elles auront beau dire le contraire, j’en suis convaincu, m’en voulaient d’être comme ça. Elles auraient voulu que je me secoue…
Maintenant que l’opération a réussi, je suis guérie après 10 ans de maladie et 4 ans de calvaire et j’ai selon elles changé.
Mais je n’ai pas changé, c’est ce qu’elles ne comprennent pas. Tout d’un coup selon elles, j’ai réussi à aller mieux, à me remettre sur pieds.
Elles ne comprennent pas que j’étais exactement la même qu’aujourd’hui, je comprenais tous leurs faits et gestes envers moi et surtout toute leur ignorance et hostilité.
Le problème c’est que mon cerveau marchait au ralenti pour mes réactions verbales mais mes émotions étaient encore là, elles étaient les mêmes.
A vrai dire, j’ai beaucoup de mal à parler ça tellement ça m’en fait justement.
J’ai beaucoup de mal à manger ou je fais des crises dès que je ressasse ces faits passés.
Ca a été très douloureux d’être traité de cette manière de la part de ses "amies", j’avais maintenant la force de parler, et surtout mes fonctions cérébrales marchent maintenant au même rythme que celles des autres. Je voulais des explications et leur dire ce que je pensais, à ce jour, je pouvais me défendre.
Je ne sais pas si j’ai bien fait d’entreprendre ça.
Je ne comprendrai jamais l’être humain. Je ne comprends pas pourquoi, moi je suis toujours en train de ressasser, s’analyser, de cogiter, de me remettre en question, d’essayer de comprendre ce que j’aurai pu ou du faire alors que jamais les autres ne font ça, les autres affirment qu’ils avaient raison, que c’était comme ci comme ça.
Je suis toujours en train de me faire du mal, de me demander ce que j’ai fait de mal, de m’accuser. Pourquoi est-ce que je recherche ma faute dans chaque situation qui m’a fait du mal ?
Alors que justement les autres, incapables de se remettre en question les autres ne font qu’incriminer les autres pour expliquer leur bêtise qu’ils ne considèrent pas comme telle puisque pour eux, elle a été motivée par la faute de l’autre ?????
C’est mon plus grand problème, mon plus gros "trouble tête", je ne comprends pas les autres, je suis si différente.
Leurs explications ont été "mais, toi tu es différente, tu es d’une telle générosité, il faut que tu comprenne", voilà, tout est encore ma faute, pourquoi ne pas plutôt affirmer son égoïsme ?
Ca me semblerai plus simple.
Je ne suis pas généreuse, je suis juste normale. On a besoin d’aide, je viens, on a besoin de moi, je réponds. Quelqu’un va mal je vois ce que je peux faire, quelqu’un a besoin d’écoute, je l’écoute. Il n’y a rien de paranormal ou de généreux là-dessous ? Je ne comprends pas… c’est comme ça que ça marche non ?
J’aimerai comprendre les autres mais je ne trouve pas de réponses, plus j’y repense et plus de questions arrivent, je ne trouve qu’une conclusion : je suis différente.
Je me sens désarmée face aux autres.
J’ai l’impression qu’on m’a menti à ma naissance, j’ai atterrit dans un monde de trahison et je n’ai pas les épaules qu’il faut pour me défendre.
Tout le monde me fait peur et je me fait peur aussi.
Je me méfie sans cesse des autres, je pense tout le temps qu’il doit y avoir un vice caché pour qu’on vienne me voir.
Si je ne suis pas à hauteur pour les autres, je ne le serai pour personne, je n’arrive pas à me voir de qualités ou d’intérêt quelconque parce qu’on ne m’en fait pas ressentir.
Les autres sont une espèce de miroir quelque part.
S’ils me voient d’une certaine manière c’est comme ça que je vais me voir aussi.
Jusqu’ici personne n’y a vu quelque chose à part une amie qui comme par hasard, elle aussi est malade (anorexique et bv)
Ce n’est pas faute d’essayer de m’adapter, mais je n’y parviens pas.
On me demande tout le temps plus, mais eux, pourquoi c’est à moi de m’adapter ?
Comment pourrai-je avoir un jour confiance en moi si ma présence est toujours soumise à condition ?
Par Juliette
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