En fait je me suis rendu compte hier en relisant mes posts que toutes mes prises de poids et mes pertes de poids étaient de la provocation ! Je suis en train de maigrir, avec oui, des TCA mais ma perte de poids n’est pas motivée par eux. J’ai pris énormément de poids ces quelques dernières années, à cause d’un médicament mais aussi, je l’avoue à cause de moi. Je ne voulais pas qu’on me laisse prendre ce médicament qui me faisait grossir, je l’accusais de ça mais les médecins n’écoutaient pas, par provocation, pour les convaincre, je faisais exprès de ne plus manger ou je rejetais ce que je mangeais, je voulais leur montrer que si mes analyses sanguines étaient catastrophiques, elles révèleraient que je ne mange pas et que seul ce médicament est responsable de ma prise de poids. Ils ne m’ont pas prise au sérieux et m’ont laissé ce médicament. Ils savaient pourtant la gravité de mon anorexie et de ma boulimie qui sévissait depuis des années... Je grossissais, je me suis donc défoulée sur mon corps par la boulimie vomitive puis avec le temps, la résignation, j’ai commencé à ne plus me faire vomir. Aucun de mes repas n’en était un, mes prises alimentaires n’étaient que des crises, j’étais à jeun 2 jours puis j’additionnais les crises plusieurs jours de suite. Je ne mangeais qu’une seule fois par jour, le soir. Je continuais à vomir mais avec une fréquence moindre. J’ai donc aidé le médicament à me faire grossir. Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais pas sauté sur l’occasion dès qu’on me l’a retiré pour refaire attention à mon poids. Enfin, façon de parler, j’étais hantée de la même manière qu’avant, que je fasse 34 ou plus de 90 kgs, mon obsession restait aussi intense. Dès la suppression de ces médicaments mes médecins ont commencé à me dire qu’il fallait que je perde du poids. Et je ne le faisais pas, je crois que je m’obstinais à rester grosse ! Pourquoi ? Ca je le sais pas encore ! Ca n’a pas duré plus de 2 mois heureusement, mon poids ne baissais pas mais ne montait pas. Aujourd’hui, je maigris mais pas régulièrement, pas sainement... J’ai l’impression de provoquer, jusqu’à ce qu’on veuille bien comprendre que je vais mal. Le problème c’est que personne ne voit rien et tout le monde s’en fiche complètement alors je m’entête... J’aime avoir faim, et je remarque que j’aime encore plus avoir faim quand je suis accompagnée... pt-être pour qu’elles remarquent à quel point mon ventre fait du bruit ! Je ne sais pas, mais j’avais jamais remarqué à quel point je ne faisais pas ça que pour moi ! J’ai l’impression que cette maladie est une sorte d’alarme, comme si faute qu’on s’intéresse à moi, j’espérai qu’on remarque à quel point je vais mal physiquement ! Mais pourtant, c’est avant tout une histoire entre moi et mon corps ! Je me défoule sur lui, je le déteste et je me déteste aussi.
Je crois que mon pire ennemi est le sucre mais comment faire?!! Si je le bannis de mon alimentation, il finit par me manquer, je le sais néfaste, je repousse cette envie mais elle se transforme en obsession et cette obsession en crise... Si j’y goûte, il m’en faut plus, ça se termine en crise! J’ai remarqué qu’après une crise entièrement motivée par ce sucre, je n’avais pas l’impression d’en avoir finit. Mes papilles sont excitées, ma langue est pâteuse, j’ai un écoeurant dans la bouche et j’ai à tout prix envie de féculents! Le pain est souvent quand j’en ai sous la main et quand je me l’autorise une espèce d’arme anti-crise, comme s’il faisait taire mes papilles qui commençaient à s’exciter. Alors je ne sais pas! Pt-être que c’est mon esprit cette fois qui demande du pain pour faire taire ce goût écoeurant et en même temps une méchante voix me dit que je ne vais pas me contenter d’un petit bout de pain... Arf, si seulement j’arrivais à me comprendre!
En parlant avec une amie S, j’ai réalisé que, quelque fois une crise arrivait sans que je comprenne pourquoi en analysant la journée ou même la veille alors que tout avait été parfait. En fait j’ai l’impression d’être une bombe à crise à retardement. Il suffit d’un jour pour que rien ne soit oublié et que la crise surgisse même si plusieurs jours séparent "l’erreur" de la crise! J’ai l’impression que rien ne m’est pardonné. Et moi, qui étais persuadée que les jours de jeûnes de rigueur que je m’impose après des crises étaient efficaces pour apaiser ma conscience et mon corps!
Si encore il n’y avait que moi, que ces voix intérieures, mais il y a aussi les autres... Je suis toujours en train de tout analyser, à essayer de comprendre le pourquoi du comment... Je ressasse des choses sans intérêt et cogite tout le temps malgré moi. Le matin, quand je me réveille, je n’ai fait aucun rêve mais je suis encore sur la même pensée qu’au moment de mon sommeil, c’est comme si je continuais sans que rien ne se soit arrêté et même pire: je crois que ça a progressé dans mon sommeil!!
Il suffit d’une simple réflexion, d’un simple regard pour que je ne pense qu’à ça! On m’a beaucoup reproché de peu manger ces derniers temps... J’essayais de dire à ces personnes que ce qu’elles me disaient était faux et infondé, elles continuaient. J’étais si fière de moi, je réussissais à faire 3 repas, il ne me manquait ni protéine, ni même féculent le soir, (seuls manquaient les lipides et le sucre bien évidemment) j’avais réussi à avaler 700 à 800 cal dans la journée et on venait faire s’effondrer toute ma fierté en me disant que ce n’était pas suffisant, que je faisais de l’anorexie, que j’allais refaire des crises... Je n’ai fait que penser à ça ! Le problème c’est que je ne pense pas sans angoisser, tout c’est mélangé dans ma tête, j’ai résisté 12 jours, je ne savais plus si c’était normal si c’était l’anorexie, si c’était la boulimie et tout a refait surface! Les gens veulent m’aider, mais font tout le contraire en me suggérant une conduite... Les seules personnes qui me comprennent et m’aident j’ai l’impression sont les personnes malades elles aussi actuellement!
Je suis tellement susceptible et sensible à la moindre remarque, il suffit de si peu pour me faire angoisser et pour que les angoisses laissent revenir l’anorexie ou la boulimie!!
Plus je maigri plus j'arrive à sentir mes os... J'enfonce mes doigts dans la chair pour sentir mes os. Je n'arrête pas de toucher la petite boule qu'on du poignet, mes bras et coudes, mes côtes, mes épaules et bien évidemment ma zone de prédilection: la clavicule. Je ne sais pas comment expliquer ça mais de pouvoir les sentir jour après jour et de plus en plus me rend euphorique. Je ne veut plus acceder à la maigreur mais j'ai une relation passionnelle avec mes os. D'ailleurs la maigreur, j'ai du mal à la définir telle que les autres la voient. Je n'arrive pourtant jamais à toucher mon corps, je ne peux pas me laver sans une fleur de douche qui serve de frontière et le moment de l'épilation est une torture. Regarder mon corps en même temps que je le touche est une grande souffrance tout comme le reflet de chaque mirroir d'ailleurs je n'ai aucun mirroir qui ne soit pas à la hauteur de mon visage chez moi. Je fuis mon reflet dans les miroirs, dans les vitres, mon ombre me terrifie. Je ne veux pas me rendre compte que cette masse est mon corps... Je me trouve énorme quel que soit mon poids quand je me regarde directement mais pourquoi est ce que je n'arrive pas à faire preuve d'objectivité en regardant mon reflet ou de photos? J'ai pourtant sur les photos des personnes que je ne trouve pas obèses à mes côtés mais je suis incapable de me voir moins diforme et grosse qu'elles malgré ce que la photo pourrai prouver... Ce corps, cette chair, cette graisse...
Commentaires