Sérénité ?

Publié le par Juliette





23 jours sans !!
Chaque soir, je suis fière de voir les jours s'aligner et pourtant, ce que ça peut me manquer !
La période de manque véritable est, je pense passée.
J'entre dans la période "nostalgie" où je me demande chaque jour si après tout, ce serait grave
« Si après tout... »
Chaque jour mon cerveau tourmenté et détraqué trouve une raison de me persuader qu'après tout, un vomissement...

J'ai réussi à jeter des laxatifs grâce à l'aide d'une amie, qui je l'espère de tout mon coeur ne passera jamais par ce blog. En souhaitant que jamais tu ne lises ce blog, je pense à toi et un merci immense.
Je me rappellerai toujours de ce moment quand on a tenu et jeté ensemble la plaquette maudite dans les égouts.

J'ai même réussi à avaler une soupe ce soir grâce à une autre amie.
Sans elle, je serai encore à jeun, en train de punir ma compulsion de la veille.

Ce soir, je suis contente et pourtant toute la journée, le mal me manquait.
Comment expliquer qu'en repensant aux périodes les plus sombres quelque chose vienne à manquer ?
Comment je peux ? Pourquoi cette noirceur et ce masochisme ?
Ce trou noir, ce néant, ce désespoir et pourtant aujourd'hui j'ai eu peur en réalisant que j'allais bien mieux...

Je me fais peur et en même temps j'ai si peur de cet avenir que je n'arrive pas à choisir, que j'ai du mal à envisager.
Dès lors qu'une décision s’impose, je ne cherche qu'à fuir, à ne pas la prendre.
À fuir en retrouvant ce mal, cette douleur si inconfortable que confortable.
Cet abyme si rassurante qu’effrayante.
La fuite pour un retour dans un monde que je connais contre un monde qui me dépasse, que je n'ai pas apprivoisé.
La peur de l'inconnu.
La peur de ne pas être à la hauteur, la certitude d’échouer…

Je me rappelais l'année dernière et dans quel état j'étais, cet état dépressif, cet état de panique, cet état anorexique, cet état de coupures, de cocktails de cachets.
Le début du prozac, le début de l'enfer.
En moins d'un mois, j'avais réussi à me faire prescrire par différents médecins du Xanax, du Lysanxia, du Stilnox, de la Mépronizine, du Valium, de l'Atarax, de l'Imovane et je crois que c'est tout...
Sans compter la réserve monumentale d'Urbanyl, de Lexomil et de Rivotril que j'avais déjà à la maison…
Chaque soir je faisais des mélanges dans l'espoir d'en trouver un qui me ferait dormir plus de 3h.
Chaque jour je tremblais, je n'arrivais plus à sortir de chez moi à part pour aller voir des médecins, pharmaciens (mes dealers) et quelques très rares amies.
Chaque jour, je me nourrissais de 3 capuccinos et de thés.
Je ne tenais plus debout, j’avais moins de 9 de tension et on m’interdisait de rester plus de 20 minutes debout, je devais aller prendre ma tension tous les jours à la pharmacie.
L'année dernière je me suis évanouie dans les toilettes après une prise de laxatifs.
L’année dernière j’ai commencé à utiliser le cutter puis la lame de rasoir.
L’année dernière mes cheveux ressemblaient à du crin pour le peu qui restait, j’avais peur de les brosser, peur qu’ils restent tous sur la brosse, je me les attachais seulement.
Je hurlais mon désespoir et appelais à l’aide avec un langage que personne ne comprend : celui du corps et de la destruction.
J'ai commencé à arrêter de regarder la télé, d'ouvrir mon courrier afin d'installer un climat intemporel...

Il faut que je me rappelle à quel point c’était noir, à quel point c’était sombre et à quel point je voulais en sortir.
Il faudrait que je relise des articles écris l’an passé.
Demain, je revois mon dentiste, habituellement ça me remet les idées en place.



23 jours sans vomissements


Publié dans Au quotidien

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

mam 02/02/2008 01:50

PRET A VIVRE
 
voilà du prèt à vivre
Pièce sans répétition
Corps sans essayage
Tète sans réflexion
J'ignore le role qu'on me fais jouer. Je sais seulement qu'il ne peut ètre qu'à moi.
L'intrigue, je suis bien obligée de la démèler une fois sur scène.
 
Préparée à la diable pour cet honneur de vivre, j'ai du mal à soutenir le tempo de l'action. J'improvise, bien que l'improvisation m'écoeure . Je bute à chaque instants sur l'ignorance des choses.
 
....
Wislawa Szymborska, De la Mort sans exagérer

Albertine 17/09/2007 07:14

Bonjour chère Juliette,Juste un petit passage pour te dire que je pense à toi et que je t'embrasse...Albertine

Xanax 16/09/2007 23:59

Arf, Juliette, comment ça va?(Xanax.)

Sisyphe 16/09/2007 16:50

Ds un de tes comm' tu m'as dit qu'il n'y a pas de TCA sans dépression pourtant je m'en ss sortie de la dépresion. Et je ss même heureuse, même si je ss tjrs boilimique, c'est vrai en + !
Biz, à + !

Sisyphe 16/09/2007 14:55

Salut !
Dejà merci pr ton comm qui m'a permis de découvrir ton blog. Je l'ai parcouru pr voir ce que tu vivais et moi j'ai vécu un peu ds l'autre sens : j'ai d'abord ft une dépression ac hypersomnie et hyperphagie avt de sombrer ds la boiulimie, j'ai réussi à guérir de la dépression ms jms de la boulimie.
J'espère vraiment qu'au niveau de ton moral ça ira encore moieux, je te le souhaite.
Bravo pour tes 23 jours sans vomissements, vraiment c'est bcp !
Biz, à + !