Agressions sexuelles : conséquences

Publié le par Juliette


Quel que soit l'âge de la victime, les conséquences du viol et des agressions sexuelles sont graves et durables.

En règle très générale, la personne agressée ne peut se reconstruire sans aide extérieure. De tels traumatismes affectent profondément l'estime de soi, la résilience (capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité) ne suffit pas à permettre à la victime de "rebondir". Le viol et les agressions sexuelles sont des atteintes majeures à la personne ...

Sauf amnésie traumatique (voir plus loin), l'oubli n'est pas possible et ne vient pas : le plus généralement, le temps qui passe n'arrange rien quant aux conséquences ; au contraire, il rend plus douloureux encore et plus aléatoire tout travail psychothérapeutique par la suite.



Les conséquences principales

Les conséquences peuvent être nombreuses mais les principales sont les suivantes, sans que cette liste soit tout à fait exhaustive :

- baisse de l'estime de soi, manque d'assurance et de confiance en soi ;
 sentiment de saleté et de honte ;

- difficultés sexuelles (abstinence ou errance, désordre de la libido, rapports sexuels douloureux ...)  ;
- difficultés relationnelles (engagement amoureux impossible, agressivité, isolement social, violences conjugales avec ou sans viols conjugaux, dégoût ou haine des hommes ...) ;
- difficultés somatiques et psychosomatiques (problèmes gynécologiques, de dos ; soins dentaires refusés ; lavements fréquents ; douleurs au ventre ou à l’anus ...) ;
- difficultés autour de la maternité (grossesses angoissées, stérilité psychogène, craintes non maîtrisées autour de la pédophilie ...) ;
- conduites addictives et d’autodestruction (anorexie, boulimie, automutilation, tentatives ou idées suicidaires, automédication abusive...) ;
- diverses pathologies psychiques (dépression, psychoses, mal-être généralisé, sentiment de culpabilité dévorant, sentiment de vide et non-sens, dégoût de soi, de son corps, de son image dans le miroir ...) ;
- les difficultés professionnelles (abandon du travail, chômage, stagnation, instabilité, périodes SDF, échec scolaire ...) ;
- les hospitalisations répétées, spécialement en psychiatrie.



L'amnésie traumatique


Dans certains cas, en particulier lorsque la victime a été agressée jeune, elle peut souffrir d'amnésie traumatique : il s'agit d'une des conséquences psychiques possibles, parmi les autres. Cet oubli est une forme de refoulement qui permet en quelque sorte à la victime de survivre à l'insupportable : cependant, les conséquences des agressions restent entières et identiques (voir liste ci-dessus) à cette différence de taille que la victime ne les comprend pas tant que le souvenir n'est pas venu les éclairer rétroactivement.

Tôt ou tard, les souvenirs et les images remontent, plus ou moins fragmentés et complets. Cette opération psychique se réalise systématiquement à la faveur d'un ou plusieurs événements : événement en lien avec la maternité (grossesse, accouchement, par exemple), événement familial (réunion familiale, mariage, divorce, naissance), rencontre amoureuse, relation sexuelle, film ou émission télévisée, ... ou un événement apparemment sans aucun lien avec l'agression sexuelle.

Une psychothérapie ou une analyse favorise la résurgence des souvenirs.

Lorsque les souvenirs remontent (sous forme de flashs, d'images incontrôlées, de cauchemars, ...par exemple), la victime a souvent du mal à faire la part des choses entre le réel et l'imaginaire : cette découverte ou redécouverte est la plupart du temps traumatisante et très douloureuse. Elle cherche parfois à savoir s'il est possible d'oublier pareil événement, comme un viol ou des agressions sexuelles ... Dans d'autres cas, la victime n'a aucun doute sur les faits mais les souvenirs peuvent rester incomplets : pas de souvenirs de l'agresseur, des conditions des agressions, des détails, par exemple.


source: http://www.sosfemmes.

Publié dans Viol - inceste

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(Clovis Simard,phD) 07/02/2012 15:59


Blog(fermaton.over-blog.com),No-8, THÉORÈME DU RETOUR. - CIVILISATION et VÉRITÉ.

anne retoré 01/05/2010 11:59



c'est bien dit, il manque peut être un aspect "la sidération" qui explique en grande  partie l'amnésie; la douleur et l'impuissance sont telles que le corps et l'âme se mettent en mode
hibernation et de ce fait aucun souvenir n'est possible. ce qui fait qu'on peut croire que c'est à un autre que c'est arrivé. mais c'est pas volontaire. moi je dis souvent que je suis déjà morte
plusieurs fois: anfant, ado et pendant la grave depression j'ai retrouvé la vie (accouchement) dans une grande douleur. comme si je sortais du coma. survivante me va bien ou rescapée d'un monde
d'où on ne revient pas (normalement).