Je lui ai dit...

Publié le par Juliette


J’ai tout balancé à mon psy. Ca c’est bien passé. J’ai parlé toute seule pendant 20 bonnes minutes en pleurant comme une madeleine.
Il me croyait capable d’endosser ce genre de provocation, il croyait que j’étais capable de réagir par le déclic et croyait que j’avais passé un cap.
Apparemment non…
Il a décidé d’appeler ça « une rechute ». Ca m’a étonné, souvent j’entends par « rechute » le fait de replonger dans les TCA.
Il m’a expliqué que si, j’avais fait un pas en arrière parce que j’étais retombée dans les crises et la destruction à cause d’émotions aux quelles j’avais déjà réussi à faire face avant. A cause d’émotions, que justement j’avais appris à maîtriser.
Il m’a dit : « bien sûr que vous êtes anorexique, ça n’est en rien de la boulimie et encore moins un régime, mais tout simplement je ne veux pas vous inciter à cette étiquette parce que je ne veux pas que vous excusiez vos gestes en vous disant : c’est à cause de la maladie ».
Voilà, je l’ai entendu et enfin, je suis soulagée, maintenant je peux l’avouer.
Si mon psy le dit c’est que c’est peut-être vrai finalement.
N’empêche que je suis pas à l’aise du tout en écrivant ça…)
Je lui ai répondu que je ne cherchais aucune excuse, je voulais juste savoir ce qu’il se passe et qu’il n’était pas question que je ne m’identifie qu’à la maladie qui pour moi est plus un symptôme que la maladie même.
Je déteste le fatalisme et je pensais qu’il l’avait comprit.
Pour moi la guérison ce n’est pas comme se présenter aux AA en s’identifiant à la dépendance. En se nommant comme dépendant même après des années d’abstinence.
Je refuse que cette maladie gouverne ma vie.
Pour moi la guérison, ce ne serait pas faire comme si, ce ne serait pas avoir un plan alimentaire, éviter les nourritures à crise et se forcer à manger des lipides sans résoudre le noyau.
Je croyais qu’il l’avait comprit, mais j’ai pas du être assez claire.
Je me considérerais comme « guérie » le jour où je saurai manger du sucre sans en prendre plus, sans cette envie même, et quand je serai prête à manger des lipides sans révulsions, sans me forcer.
Je me penserai guérie quand dès qu’une déception arrivera je n’arrêterai pas de manger ou quand une colère poindra je n’irai plus me défouler sur la bouffe.
Je serai guérie quand je n’aurai plus ce besoin de soulagement des coupures.
C’est dire si j’en suis loin. Je serais guérie quand je saurais gérer mes émotions et pas me créer un monde de repli pour oublier, ne pas voir le temps et les évènements défiler.
La guérison, je pense que c’est une espèce d’apprentissage…

Il m’a aussi expliqué que je faisais trop de moralisme et qu’il était déçu parce que je commençais à voir de plu en plus clair et à analyser les choses.
Je ne m’en rendais pas compte mais c’est vrai, j’avais bien replongé dans le cul de sac qu’est la colère.

Lundi, j’ai appelé l’association d’aide aux boulimiques et anorexiques de Paris, le psy m’a rappelé. J’ai rendez-vous avec lui cet après-midi.
Je l’avais vu l’année dernière, c’était en mai, juste quand mon régime commençait à vaciller, quand les vomissements et les crises devenaient de plus en plus présents. J’avais déjà perdu presque 8 kilos.
Il avait vu si clair en moi et m’avait tant transpercé que j’ai eu peur qu’il me guérisse en 2 séances ce qui je sais est complètement improbable.
Il avait essayé de me faire parler d’hommes et de sexe et c’est surtout pour ça que je n’y étais pas retourné : blocage.
Il va me revoir avec 28 kilos de moins qu’il y a 1 an, ce sera 1 an trop tard.
J’ai très peur, j’appréhende, je ne veux pas parler de certains sujets.
Mais il va falloir, j’ai rencontré un nouvel œdème ce matin en me levant. Cheville gauche cette fois.

Ca va être une journée « chargée », endocrinologue dans 1h et nouveau psy cet après-midi…

Publié dans Au quotidien

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