J'ai dans la tête un genre de méchant cafard...

Publié le par Juliette

Oh chère Albertine, j’ai triché, j’ai dérogé à la règle, je n’ai pas fait de poème, je n’ai pas respecté les règles !
Je passe en coup de vent, il y a eu un dégât des eaux chez moi et je n’y habite plus depuis quelques semaines, je réintègre les lieux la semaine prochaine.
Je profite d’une halte sur l’ordinateur d’une amie pour enfin écrire sur ce fameux cafard. Mon imagination étant limitée, tout comme ma patience, je n’ai pas pris le temps d’écrire le poème. J’en suis tout à fait désolée, mais je ne voulais pas manquer de participer à ce jeu comme promis…

Pour d’autres qui voudraient participer aux « Délires d’Albertine »…
Son blog.





Hier dans ma baignoire un cafard s’est pendu.
Zoloft le petit cafard fut né et élevé dans une bouche d’épuration des laboratoires Merck, la vie l’avait malmené et comme jamais, il se sentait seul et abandonné.
Sa grande sœur, la blatte Zyprexa avait mit fin à ses jours quand il était tout jeune et son petit frère Tercian complètement fou était dorénavant enfermé, interné dans une boîte d’allumettes qui lui servait de camisole.

Zoloft avait le moral au plus bas, cafard bipolaire, il décida dans un cycle maniaque de fuir ces lieux au plus vite.

Il réussit à monter dans un camion de livraison.
Le chemin était long et le voyage si pénible pour Zoloft, le camion était désinfecté, il était seul, en apnée, aucune odeur de putréfaction ou d’excrément présente pour le réconforter, pour l’aider à respirer. L’odeur de la javel brûlait ses poumons.

A la première halte du camion qui livrait une pharmacie, Zoloft sortit, il s’enfuit en plongeant dans le caniveau, nageant, s’imprégnant, il se sentait revivre, il put prendre un bain après un si long voyage.
Ces odeurs, il n’en avait jamais senti autant, jamais de si fortes.
Après ses ablutions, il partit en quête de compagnie en sautant dans la première bouche de métro.
Seul il s’était décidé à partir à l’aventure, mais il rêvait depuis toujours d’avoir enfin des amis.

Une rate lui notifia qu’il se trouvait à Madeleine et qu’il aurait assurément plus de chance de trouver des congénères à Châtelet.
Elle lui indiqua la route et d’un coup de ligne 14 Zoloft arriva à Châtelet.
Quelle odeur ! Zoloft respirait à plein poumon, la puanteur était si forte, la moiteur due aux températures du mois d’août ne faisait qu’accroître la pestilence des lieux.
Zoloft senti qu’une nouvelle vie l’attendait, plein d’espoir, il tenta tant bien que mal de trouver des amis, mais personne ne voulait de sa compagnie.
Il rencontra une foule de cafards, mais aucun ne vint à lui, lui offrir son amitié.
Les cafards de Châtelet étant rassemblés sous forme de clans, aucun n’acceptait sa présence, ni les Crapotos, ni les Cradings, pas même les plus ringards : les Gerbouilles !

Zoloft était dépité, triste et plus suicidaire que jamais, il entrait dans une phase dépressive très pénible.
Seul et désoeuvré, il ne se sentait vivre qu’avec des sensations fortes, seules ces dernières lui faisaient oublier le vide de sa vie, c’est ainsi qu’il occupait le plus clair de son temps : à faire du rafting dans les égouts sur des coquilles de noix puis de noisettes quand ses techniques et son savoir-faire se perfectionnait. Jamais le pauvre n’a réussi sur une coque de pistache, il essaya bien des fois, sans relâche haineux et craintif de la défaite.

Pauvre Zoloft, il étouffât d’un coup, une odeur de javel s’approchait, il courut tout son souffle pour monter dans la première rame de la ligne 1. Châtelet était enfin nettoyé, enfin désinfecté.
Il se recroquevilla sous les sièges, mais les gens étant si nombreux il tenta ce Zoloft cascadeur, ce Zoloft casse-cou de voyager en se cramponnant aux portes extérieures.
Ses mandibules à l’air, son adrénaline montât comme jamais, il vécu un moment orgasmique qui cessât à Saint Paul.
Zoloft le flair sauvage, le flair fin sentit des odeurs d’excréments, des odeurs rances de fritures, il savait qu’il allait pouvoir manger à son aise, il connut un moment d’extase dans les poubelles de l’As du Fellafel. Il essaya tous les restaurants de la rue de rosier, mais aucun n’égalait celui-ci.
Malheureusement, Zoloft devenait drogué au fellafel, complètement addict il ne quittait plus ces poubelles.
Quelle erreur de stratégie Zoloft ! La gourmandise te perdra.
Un employé finit par le repérer et lui couru après avec un journal.

Pauvre Zoloft, il courait la peur au ventre, il essayait de se glisser dans les caniveaux, sous les grilles, de monter aux murs, mais son agresseur suivait le rythme !
Zoloft couru en fermant les yeux et arriva enfin rue Vieille du Temple, le bruit d’une chasse tirée l’interpellât, lui indiquant un refuge probant.

Il y vit une merveille, son cœur ne fit qu’un tour, il battait si fort que Zoloft se croyait en train de mourir, il aperçut la plus belle des créatures sur le robinet d’une baignoire, une coccinelle magnifique.
Charmeur, Zoloft plongea aussitôt dans les toilettes pour prendre un bain et se laver de toutes ses péripéties.`
Hypocondrie la coccinelle était la coccinelle la plus gentille de Paris, elle était l’amie la plus fidèle d’une petite fille solitaire et tuberculeuse.
Amie et complice, elle somatisait toutes les maladies de Louise la fillette.
Zoloft avait si peur, lui, petit cafard abandonné, petit cafard délaissé, mais Hypocondrie avait bon cœur et ne jugeait pas rapidement, elle l’accueillit les ailes grandes ouvertes et allât le présenter à Louise.
Celle-ci lui sourit et lui offrait son hospitalité en installant une boite d’allumettes sous la litière de Roland le chat pour qu’il se sente à son aise.

Zoloft revivait, Zoloft vivait, il avait des amis, il baignait dans la tendresse, dans l’amour et l’amitié, tous s’entendaient, tous riaient, mais le bonheur, il le savait est de courte durée.
Son amour Hypocondrie accompagnait souvent Louise prendre son bain, elle restait sur le rebord de la baignoire et la regardait tendrement.
Un triste mercredi soir, le père de Louise entra dans la salle de bain et alors que la fenêtre était ouverte. Un courant d’air entraîna Hypocondrie dans la baignoire, sous la mousse du bain, ses ailes ne pouvaient plus se déployer et la coccinelle se noya.

Tous étaient effondrés, le chagrin prenait toute la place dans leur cœur, mais ils décidèrent de rendre à Hypocondrie, la petite coccinelle, les funérailles qu’elle méritait.
Roland le chat, Louise et Zoloft allèrent l’enterrer dans une boîte de boules- Quies sur un lit de pâquerettes Place des Vosges.

Zoloft ne croyait plus en la vie, il s’en voulait de n’avoir pas su défendre et sauver Hypocondrie et devint masochiste, il allait jusqu’à installer sa maison, sa boite d’allumettes dans la buanderie.

Il ne savait plus comment affronter cette mort si soudaine, ce sentiment de vide si profond et pour oublier, il se rappelât avoir lu plusieurs fois sur les notices du médicament Zoloft dont il portait le nom qu’il était déconseillé de boire de l’alcool sous risque de somnolence.
Le père de Louise chaque soir en rentrant du travail s’installait au salon et sa femme lui servait un verre de Martini.
Jamais il ne terminait son verre et Zoloft en profitait une fois qu’ils passaient à table pour aller laper le fond du verre.
Zoloft devenait alcoolique, il traînait souvent près du bar dès le matin dans l’espoir de trouver quelques gouttes près des goulots.

Louise était si triste, elle le consolait, l’aidait et le fit revenir dans la litière et sous la protection de Roland.

Un malheur n’arrivant jamais seul, Louise fut contrainte, enfant tuberculeuse d’aller dans un centre adapté. Pauvre Zoloft, animal lucifuge, il ne pouvait la suivre.
Louise déménageait et l’appartement fut acheté.
Zoloft à bout de force, à bout de ressources, mais n’ayant jamais autant aimé la vie que ces derniers temps en compagnie de ses amis, décida de partir lui aussi, ça en était trop, chaque bonheur était pour lui éphémère et se terminait par un drame.
Il monta avec peine sur la baignoire, regardant du haut de la falaise les lieux, il décida d’en finir en ce lieu symbolique, celui-là même où Hypocondrie était morte.
Il était dorénavant seul, mais ne voulait pas mourir seul, il avait gardé un cheveu de Louise, quelques poils de Roland et avec eux, symboliquement il décida de dire adieu à la vie.
Du cheveu de Louise il fit sa potence, il s’était tricoté un petit pull avec les poils de Roland.
Symboliquement entouré de tous, il décida de rejoindre Hypocondrie et de mourir tout comme elle, dans cette baignoire.

J’emménageais dans cet appartement le jour même et je ressentis encore un sentiment d’insécurité, la salle de bain, je le sentais était hantée.






(Je continuerai bien, mais voilà, on me somme de libérer l’ordinateur ! Juste quelques mots rapides pour dire que je vais mieux, beaucoup mieux.
Beaucoup moins de crise, beaucoup plus d’espoir, en fait je vis, et j’avoue, c’est pas si mal, ça fait moins peur que je le pensais.
Merci à la fluoxétine, n’est-ce pas Scheiro ?)
A très bientôt.



Publié dans Pour changer de sujet

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Albertine 24/05/2008 21:46

Bonsoir chère Juliette,
Juste un petit mot pour manifester mon passage, des pensées pour toi et te signaler que j'ai fini par fermer les "Délires"... Le jeu du cafard (que j'ai sauvé du naufrage) se trouve maintenant ici, si cela peut amuser quelques autres personnes de s'y "coller" :-) :http://albertine-machintrucbidule.blogspot.com/2008/05/le-jeu-du-sonnet.html  J'espère que tout va bien, je te crois sur le départ, j'espère surtout que cela sera, à bien des égards, un beau et instructif voyage...Je t'embrasse Juliette, à plus tard j'espère.

Juju' 24/05/2008 20:32

Bonjour ma Juyette !!! j'espere que tu vas bien pitite patate d'ours... je pense fort à toi you know ^^. ma Juju' t'es un sacré bout de nana, je tenais à te le dire, t'es une sacré nana, je t'admire... j'aimerais te dire tant et tant de choses mais j'y arrive pas, c'est couillon hin? ^^.juste que je t'aime fort ca c'est sûr, ca j'arrive à le dire :p même de loin je t'aime ma Juju ^^.Je sais pas si t'es déjà partie en Colombie ou pas, mais pinaise c'que c'est cool !!!! j'espere que tu profites bien ou que tu vas bientot profiter de ce beau voyage pis que tu vas revenir avec plein d'étoiles dans les oeils... ^^voilà ma Juju j te fais plein plein de gros bihous tous doux tous tendres qui collent qui pèguent ^^à bientot, tchuss!!!

bodystarattitude 21/05/2008 21:35

cette histoire est magnifique..

Aliana 20/05/2008 20:59

Coucou Juliette,Quel bonheur d'avoir de tes nouvelles et qui sont bonnes en plus. Je suis si contente de voir que tu vas mieux. ça me redonne espoir!Courage, je te souhaite tout le bonheur du monde, tu le mérites tant!!Donne nous vite de tes nouvelles!Gros bisousAliana

mam 12/05/2008 01:47

 
"je comprends pas toujours tes coms, "
sans doute , certains paraissent un peu sibyllins puisqu'ils font référence à ma vie,.... et que tu ne me connais pas!
Mais certaines choses qui te sont arrivées font référence à ma propre histoire...alors j'ai l'impression qu'on peut se comprendre à demi mots...
. A 14 ans moi aussi j'allais mal, j'aime pas les psy, d'après mon médecin traitant il faut au moins en voir 100 pour en trouver un BON, si le tien te convient tant mieux, si tu progresses c'est bien ...j'aime pas les hôpitaux, j'aime pas les médecins qui n'aiment pas les malades, je suis contre les médocs
j'ai un coté misanthrope et libertaire
j'aime pas les dépendants et j'aimerai ne dépendre de personne ( NI DIEU NI MAITRE)
"J’essaie de ne plus m’isoler, de ne plus être seule, de me prendre un peu en charge, d’assumer": moi aussi je fonctionne comme çà et
j'ai rencontré des gens différents de moi ,des gens adorables, des gens sains, des amis.... bref une vraie famille ,une famille de cœur....
 
"une autre fois tu me demandais s’il m’arrivait jamais d’improviser, bien si, c’est justement ce que j’essaie de faire ces jours-ci.'
moi, j'improvise de plus en plus , j'étais timoré et introverti, mais on a qu'une vie alors autant chercher à repousser les limites, j'aimerai être plus mobile mais j'ai charge d'âmes...financièrement je dois assurer un toit et autant que faire un couvert...même si je me plante :  les repas de famille sont loin d'etre à mon actif comme une grande réussite...."Pour ma part, ce sera avec le prozac, en tous cas pour l’instant." OK Juliette va pour le prozac ,à chacun de trouver un truc qui le fera progresser, je n'ai de leçons à donner à personne ...tout comme tu n'as pas de leçons à recevoir...
"Ce sont des petits progrès, des petits pas, mais j’essaie, j’essaie " tu apprends à vivre et tu vis tout simplement, tu progresses c'est sûr
Ta question, je ne peux pas y répondre, "
TU Y REPONDS PARFAITEMENT, puisqu'il n'y a pas de réponses à certaines questions  , on ne maitrise pas sa vie QUI tire les ficelles?
 TU FAIS DES BONNES RENCONTRES... ET DES MAUVAISES...tu ne décides pas, inch allah
tu trouves mes comms contradictoires et confus, ils le sont sans doute, tout comme ma vie...mon entourage s'accorde à me décrire de mème....
tu apprécie ma présence, tant mieux, mes insomnies ne sont pas stériles
J'aime ta force.
C'est moi qui ne réponds pas à tes questions, patience j'y viendrai je vais essayer d'être concise et plus claire pour toi