Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 16:27





Je ne ressens plus le besoin d’écrire aussi souvent qu’avant. Je me rends compte que je n’ai pas écrit depuis longtemps et pourtant tellement de choses se sont passées.
Je me rappelle avant, quand j’étais au fond, désespérée, je cherchais des blogs comme celui de Justine (alias Youstinette), des blogs qui donnent de l’espoir, des blogs qui avancent dans le bon sens, dans le sens contraire du mien, des blogs de rémission, des blogs de rétablissement. Je voulais lire qu’on pouvait s’en sortir et je voulais savoir comment.
J’étais avide de lueur, avide de compagnie, de conseils noyée dans mes crises quelles qu’elles soient…
Aujourd’hui, je vais mieux et je n’écris plus.
Je vais terriblement mieux, j’ai envie de dire : putain que c’est bon !
*elle* m’accompagne toujours, mais je lui cède plus, j’y pense, mais je ne le fait pas, je découvre la liberté et c’est aussi apaisant qu'excitant.
  
Ce n’est pas le top du top, ce n’est pas la perfection, mais existe-t-elle vraiment ? Je crois que non, je le sais, c’est vérifié.
Je repasse souvent, presque quotidiennement sur ce blog pour voir où en sont des amies qui sont dans mes liens, je passe en survolant et quand je lis la présence de Lara, je sourie, ça me touche tellement. Une personne qui est restée là depuis longtemps. Un merci immense. Je ne sais pas vraiment comment exprimer ma gratitude, elle n’a pas de blog et est pourtant toujours là, à chaque article, une seule personne sans aveux de dépendance et qui soit pourtant toujours là, une personne qui ne demande pas d’aide, une personne que je ne connais pas du tout, une personne qui jamais ne s’est confiée et je retrouve le sourire.
Je ne te connais pas, comme je viens de le dire, absolument pas et tu as toujours été là, comment te remercier ?
Tu penses peut-être que tu n’as rien fait de spécial, et pourtant… oh oui,  "et pourtant" !
Je viens donc donner quelques nouvelles.

Voilà, je ne suis pas sûre d’être heureuse, je préfère faire gaffe avec ce genre de thème, je ne préfère pas choisir ce mot, toujours parano, j’ai peur que ça me porte malheur.
Après tout, tout n’est pas parfait, j’ai des crises de larmes quotidiennement, tous les matins quand je dois m’habiller.

Oh toi, vieux pantalon noir immonde, si tu savais ce que je te haie. Alors que tout le monde n’en pouvait plus de te voir tenir avec une pince à papier, une espèce de trombone géant, je ne t’ai pas jeté.
J’avais des réflexions plusieurs fois par jour.
Combien de fois j’ai failli de me retrouver les fesses à l’air car la pince se détachait. Tu ne m’allais plus, peu importe, un bon bourrelet de tissus, on pince et ça tient et c’est tellement jouissif.
Tu me rajoutais des kilos, j’avais l’air deux fois plus grosse avec toi qu’avec d’autres pantalons à ma taille, tu avais une drôle de forme, peut-être parce que tu n’avais pas de formes. J’aurai pu prendre et mettre un pantalon 3 tailles en dessous et pourtant.
Certaines éprouvent de la fierté et du plaisir en achetant des pantalons enfin à leur taille, elles se disent "enfin le 34 ou 36, (peu importe)", moi j’avais un petit orgasme en te voyant plissé, en voyant tout l’espace qu’il y avait.
A vrai dire je me fiche de paraître mince, que les autres me voient grosse ou non, je m’en fiche, c’est une relation avec moi-même, voir les vêtements devenir de plus en plus larges, cette pince qui ne tenait plus, qui allait plus loin.
Contre plus de vide dans mon pantalon j’échangeais et composais avec un bourrelet de tissus. Inesthétique, mais c’était si bon de voir que ce truc, ce pantalon avait de plus en plus l’air de rien…
Le vide te remplissait, tout comme je remplissais mon estomac de vide.
Quel drôle de concept, se remplir par le vide et pourtant… Encore une contradiction qui m’en rappelle une autre quand je trouve le silence trop bruyant.
Noir, tu avais des petites tâches rouges ; Tâches qu’il faut pouvoir repérer mais  "tâche" néanmoins, les traces qu’avait fait la javel quand en nettoyant les toilettes.
Tu t’étais prit des éclaboussures.
Ah ces tâches, j’en avais si souvent, je me suis retrouvée honteuse, pas par rapport aux autres parce qu’ils ne voyaient pas, parce qu’eux je m’en fou, mais je repérais si souvent des éclaboussures de ma débauche, c’était comme si cette maladie ne me quittait jamais. Des traces qui écrivaient à leur manière "boulimique vomisseuse" sur mes vêtements.
Des tâches indélébiles sur ce pantalon comme pour me rappeler qui j’étais, ce que je faisais…
Je t’ai gardé et mis à l’abri durant cet été, tu étais bon pour la poubelle et pourtant… Comment peux-tu me jouer un tour pareil après tout ça ?!
Je t’essaie mardi, idiotement, naïvement, je me rends dans la salle de bain avec toi et la pince qui t’étais devenue indispensable et voilà que tu tiens seul, sans elle !!
Les larmes coulent, je tâte ma peau, je cherche les os, j’examine les différences d’épaisseur en suffoquant. Je ne comprends pas, je ne me suis pas vu grossir à ce point là, je sentais que mon pas étais différent, je sentais en marchant que je m’envolais moins, mais quand même… Autant de différence.
Je tire dessus, c’est peut-être le sèche-linge… Tu parles…
Et pourtant ignominie, je te porte, c’est ma pitance, ma punition.
"C’est bien fait pour ma gueule", j’ai qu’à continuer à te porter jusqu’à ce que tu tombes encore. Humiliation.
Tu es à ma taille, tant pis, ça m’apprendra à me laisser aller comme ça !

C’est très dur d’accepter de grossir sans flancher à nouveau, chaque jour je me dis : mais pourquoi ? Avant, je maigrissais alors que je bouffais et là, maintenant que je ne "boulimise" plus, maintenant que je prends sur moi, je grossis alors à quoi bon bordel ?!! Je préfère maigrir en mangeant que grossir en ne mangeant plus.
J’ai tellement ruiné mon métabolisme que même avec des journées de café au lait et un seul  "repas", pour ne pas dire "prise alimentaire" le soir, je grossis, si ça c’est pas injuste !!
J’en viens à avoir des pensées méchantes, des pensées surtout très connes.
*elle* me susurre : "Quand même c’est dégueulasse, tu vois les hyperphagiques, elles au moins quand elles vont mieux quand elles arrêtent leurs conneries, elles maigrissent, c’est leur récompense. Pour les anorexiques et boulimiques, il faut accepter de grossir, c’est pas juste, il faut composer avec la souffrance contre laquelle on a lutté !!"

Je me sens grosse, je suis grosse et j’ai changé, à Noël, j’étais dans un état bien différent, dans une spirale, je sais, mais je ne veux pas rentrer, je ne veux pas retourner voir mes parents, j’ai peur de voir mes amis, je ne prends pas de vacances, tout simplement pour ne pas me montrer grosse.
J’ai honte d’en être réduite à ça. Ca tourne encore autour du poids…
Alors qu’est ce que je fais maintenant ? Je bois pour ne pas replonger dans la boulimie, je me bourre de cachetons pour ne pas empirer l’anorexie ?
Ce qui me fait le plus mal : une dépendance en chasse une autre…

Je veux bien faire le grand ménage, mais bordel un signe !!

Comme j’ai reçu des "signes"  ces derniers jours, je patiente, je mange comme une "régimeuse", une "ultra régimeuse", même, mais je mange, je me force, je me dis : ça va passer

En une semaine : j’ai passé un entretien, ce fut un lundi, le mercredi on m’a appelé pour que je commençais le lundi suivant.
Certains me félicitent, alors pourquoi je me dis : "ils sont du faire erreur, ils ont pas encore vu qui j’étais ou alors : ils avaient vraiment besoin de quelqu’un dans l’urgence !"
Au boulot, l’équipe est super, tous discrets, très respectueux gentils, bien élevés, pas cons et sympas en plus !  Pas d’yeux qui inspectent.
Ca ne fait qu’une semaine, mais je le sens : ils y a de vrais gentils dans cette équipe.
C’est à côté de chez moi je rentre souvent à pieds, je passe devant la tour Eiffel, je suis bien, je suis rassurée, je suis sonnée (ma mère aussi d’ailleurs).

Alors contre ce sort, je peux bien accepter d’avoir prit du poids. (???????).
C’est pourtant si dur !
Je ne veux pas grossir, je ne veux pas grossir, je ne peux plus, stop, si c’est une mise à l’épreuve », c’est dur,

"Ca va passer, ça va passer, oublie, n’y pense pas. Pense : tu as un CDI et en plus il y a des avantages et dans une équipe bien, pas loin de chez toi, c’est un CDI, maintenant tu vas pouvoir te consacrer à ton rêve, pas celui de ne pas peser plus de 48 kilos, mais un tout autre.
Alors pense à ce rêve, imagine-toi.
Tu y seras bientôt, plus que 3 ans. Trois ans et ce sera là, trois années et tu seras là-bas.
Ca y est, tu l’a eu ta putain de revanche sur la vie, tu es opérée, guérie, t’a fais ta petite crise d’ado à retardement, maintenant on s’investit.
Allez, arrête de penser à ton poids, arrête de penser à tes os, on s’en fout, c’est que des os, c’est superficiel, mais arrête de penser que la vie serait différente si tu étais maigre, arrête, c’est pas ça, c’est fictif, c’est chimérique ! Arrête, reviens là !!
Encore trois ans, le temps de faire deux formations en accéléré, en même temps en plus du boulot, mais c’est pas grave, c’est pour un rêve, pour ton rêve, 3 ans avant de quitter ton psy car c’est bien fragile, bien trop tôt, reconnais le…
Dans trois ans tu seras là-bas, à des milliers de kilomètres, enfin, tu y seras, enfin tu feras ce que tu voudras, 3 ans encore à Paris, tu ne vas pas te plaindre ! 3 ans !!
C’est possible en 3 ans, trois petites années puis tu t’en vas…"

Trois petites années et elle sera à des milliers de kilomètres, trois petites années et elle fera ce qu’elle voudra, trois petites années et elle pourra vérifier que c’est ce qu’elle voulait faite, ce qu’elle voulait devenir ou tout le contraire,mais 3 petites années et elle saura !!

Sans la santé, on ne peut rien faire et ce rêve, je veux le faire. Si ça ne marche pas là-bas, si c’est nul, et bien tant pis, je ne veux plus de regrets, je ne veux pas être frustrée, je le ferai, j’y serai, 3 ans… Peut-être deux d’ailleurs.
Trois petits ans et elle s’en va !









Par Juliette - Publié dans : Au quotidien
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Samedi 16 août 2008 6 16 /08 /Août /2008 17:34


Un petit délire comme ça, je les regarde pour me consoler de ne les manger.
Un peu d'ironie dans un monde sans graisse...

Sinon, "tout" va bien...
Par Juliette - Publié dans : Au quotidien
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Dimanche 13 juillet 2008 7 13 /07 /Juil /2008 22:53



« Oh mais je vous dis félicitations ! C’est pour quand ? »
La garce, elle regardait mon ventre. « c’est pour mi-décembre !! »
Ben quoi ?! Je n’allais pas lui dire que je n’étais pas enceinte, mais faite de gras, pas envie de m’humilier un peu plus et puis j’en profite, on me félicite si peu !
Ca m’apprendra surtout à m’habiller comme un vieux sac, à mettre des trucs amples, à profiter de la mode et d’avoir plein de hauts qui serrent en haut et sont très amples sur le ventre, le genre de robe de grossesse, moi je les utilise pour tout cacher, finalement, ça en montre plus que ça ne le devrait.
Toute perdue et souriant nerveusement, je vais voir une des filles qui bosse avec moi. J’aurai jamais dû.
« Mais oui, mais t’as prit, t’as grossi depuis cet hiver, quand tu étais venue travailler ici en janvier t’étais beaucoup plus fine, t’as bien prit 5 kilos non ? »
« non, j’en ai prit 12 », c’est même pas vrai, tout ça pour en venir à attendre :
« ah oui ??!! ah ça se voit pas je t’assure, on voit juste un peu, mais on pas l’impression que t’as prit tant de poids ! »
Ah, bien quand même, espèce de vipère !

Vient ma pause-clope, j’appelle une amie.
« moi je trouve pas que tu aies grossi, au contraire t’as maigri, on voit vraiment rien, bon d’accord, je vais être honnête, t’as plus les mêmes joues toutes creuses que cet hiver, passé un temps tu faisais peur, t’avais le visage vraiment creusé. »

Toute perdue, je pleure comme une gamine capricieuse, sur un tas, sur un corps, sur cette masse aussi dysfonctionelle que ma tête tellement je l’ai détrui et je me rend compte une fois de plus qu’alors que je vante les mérites du clean depuis plusieurs jours, que je savoure ces derniers jours sans crise que bien, finalement, j’adore avoir l’air morte, je me met à pleurer et à rager quand on me dit que j’ai bonne mine et que j’ai reprit des couleurs, que j’ai l’air plus en forme…

Une semaine sans crise, un jour avec, mon rendez-vous hebdomadaire avec * elle * le dimanche.
Contre celui-ci, pour l’instant, je ne peux rien, mais rien dans la semaine, pas de crise et encore mieux : je mange à midi. Toujours le même rituel, un rouleau de printemps et une pomme.
Même rouleau, même pomme.
Je ne mange toujours pas seule le soir, ça se fera peut-être un jour, qui sait, ça évolue, je ne perds pas espoir, mais pour l’instant, seule et bien je ne digère pas.
Des progrès, des progrès et pourtant toutes ces crises d’angoisse, tout le temps toute la journée, j’en ai marre. Je crois que j’apprends à vivre avec.
Peut-être que je suis maso et que c’est parce que je suis encore bourrée de troubles anxieux que j’arrive à me calmer sur la bouffe, j’en ai la conviction, sans angoisses, mon petit cerveau dégénéré s’ennuierait et serait capable de chercher les crises pour s’occuper, pour se trouver une bonne raison de se lamenter. Je me demande si je ne suis pas un cas perdu.

Ma Julia, j’avais pas relu ce que j’ai écrit, je le fait jamais parce que sinon, « c’est trop nul, faut effacer, faut refaire, faut blablabla et finalement, rien ne reste, rien ne s’écrit » alors pour « couper la chique » à mon cerveau perfectionniste, je prends les devants, je tape sur « publier » et hop, on en parle plus !
En lisant les commentaires, j’ai lu qu’on me traitait d’adulte, je me suis relue, « oh que c’est nul et plein de fautes, je les corrigerais même pas, sinon j’effacerai tout, tant pis, je resterai un brouillon, tant mieux je ne suis pas parfaite ! »
Et je lis dans tes mots : « Ce que je me dis depuis un moment c'est qu'être adulte finalement, c'est apprendre à avoir moins mal, à laisser s'évacuer la haine et la douleur et la souffrance, à tout laisser glisser le malheur dans le ruisseau pour finalement s'en foutre et essayer de s'appaiser la tête.
Et si c'est ca alors etre adulte, eh ben, c'est merveilleux. »

Cette définition m’a fait sourire car elle m’a rassurée, merci, ça m’a fait du bien, parce que je me rends compte que ce « gros » mot en fait n’est pas seulement le synonyme de ces mots qui devraient être prohibés, de ces mots qui irritent mes oreilles et rendent fou mon cerveau : responsabilité, pression, hiérarchie…
Blablabla…
Ma Julia, pas d’article sur ton blog depuis des mois, tu fais la taupe, et je le sais, ça va mal, reviens, viens tout me raconter, tu me manques, viens à Paris, allez ! Je t’installerai un petite antre indépendant dans mon antre personnel, Batavia sera là, je prendrai soin de toi et je te présenterai à une amie à qui j’ai si souvent parlé de toi, la même amie qui devinait que le colis que j’allais chercher était de toi alors que je m’imaginais avec des courriers recommandés qui me demandaient d’évacuer mon appartement, ou encore tant d’autres, mon imagination paranoïaque est insatiable, tout comme mon, estomac de boulimique.

Je vais mieux depuis quelques jours, je respire. J’ai eu si peur.
Pendant deux semaines, j’étais dans un état dur à décrire. Je volais, je ne sentais plus mon corps, quand je buvais, j’avais encore soif et je ne sentais pas l’eau couler dans ma bouche, quand je me touchais je ne me sentais rien, je me grattais, mais ça ne me démangeais pas.
Des troubles de l’équilibre, la vision trouble, ça tournait de tous les côtés, l’impression de mourir, l’impression que j’allais tomber dans les pommes et que mon nez allait saigner.
En fait, je ressentais exactement ce qu’il se passait quand je faisais encore des crises d’épilepsie, mais là elles ne duraient pas quelques secondes, voir quelques minutes mais tout le temps, nuit et jours sans interruption.
Ca ne pouvait pas être de l’hypoglycémie, ça ne pouvait pas être de l’hypotension, j’allais prendre ma tension à la pharmacie, je pète la forme, j’ai 10,6 enfin, je ne suis plus en dessous de 10.
Le fait de « revivre l’épilepsie » m’angoisse et je commence même à avoir du mal à parler, à avoir des pertes de mémoire.
J’ai peur, on m’a dit, il y a un an presque pile une phrase que je n’oublierai pas : « la tumeur n’est plus là, on lui a fait la peau. L’opération a marché. La zone dangereuse, le « carrefour » est toujours là, peut-être qu’un jour, une autre tumeur viendra, peut-être que plus jamais, c’est un cas tellement complexe qu’on ne peut rien certifier… »
Depuis, alors que je devais retourner à Sainte-Anne, ne surtout pas arrêtée d’être suivie, alors que je devrais être à Marseille en septembre avec IRM, EEG et analyses pour « l’anniversaire » de l’opération, bien je n’ai rien fait.
Je ne voulais plus entendre parler de tumeur, d’opération, je voulais plus.
Et ça recommence.
D’après mon psy, il pourrait très bien s’agir d’une régression.
Mon sang n’a fait qu’un tour et là, j’ai fait un petit retour dans le passé, j’ai eu l’impression d’entendre les cons qui me diagnostiquaient « hystérique » en me disant que j’étais épileptique et boulimique et dépressive, donc si Freud l’avait dit…
Seulement les théories de Freud ont prouvées leurs limites et, ce,  justement dans ce domaine.
« m’accuser » d’avoir « crée » « mon » épilepsie alors que la tumeur est visible sur l’IRM… je m’énerve.
Cela étant, j’ai tellement confiance en mon psy que je me dit « mais oui c’est ça ! pas besoin de retourner à l’hôpital, c’est pas une nouvelle tumeur.
Je serai soit-disant en régression car c’est le seul moyen qu’aurait trouvé mon inconscient pour se protéger de toutes ces souffrances (en rapport avec la Colombie).

Puis ma mère cynique arrive et se moque « une régression temporelle ou temporale ?? »
(sachant que « ma » tumeur était située dans le lobe sub-temporal gauche…), elle a fait un petit jeux de maux.
Elle me secoue un peu et en même temps je rie de moi, de ma connerie, je finis par aller chez mon généraliste, ah j’aurai tout cru pour ne pas aller le voir pour ne pas repartir avec un livret d’analyses sanguines à faire !

Oui, je vais y aller à Sainte-Anne, mais si vous saviez ce que ça me fait chier !
Devoir tout expliquer, encore et encore. Encore et toujours.
Demander le dossier, expliquer comment étaient mes crises, refaire l’historique, l’évolution, passer des tests comme un cobaye, ça me fait chier, ça me fait chier, je veux en finir avec cette tête, laissez là tranquille !

Puis miracle, je découche et oublie mes cachets chez moi, pas de lamictal mercredi et ça va mieux, je n’en prends pas jeudi non plus, puis même vendredi.
Complètement idiot, très dangereu, je sais, inconscience pure, je sais aussi.
N’empêche que c’était bien ça, j’étais en surdosage, maintenant que je ne faisais plus de crise et que mon cerveau n’avait plus autant besoin de ce lamictal, de mon sauveur, des effets secondaires se mettaient en place.
J’avais oublié que des troubles de la vision et de l’équilibre s’étaient mannifesté il y a deux ans et qu’on m’avait baissé la dose. Quand je pense que j’en prenais encore 800 mg il y a encore deux ans !
Quand je pense que je cumulais 1g de lamictal par jour plus l’épitomax plus le keppra (traitement expérimental) il y a encore 3 ans et que maintenant 200mg de lamictal me mettent dans cet état…

J’ai arrêté mes bêtises et j’en reprends, toujours en faisant des bêtises puisque je m’auto médicamente et que j’ai baissé les doses.
En attendant, je n’ai plus peur et j’ai confiance « en moi », combien de fois ai-je dû m’auto médicamenter auparavant en devinant moi même ce qu’il fallait baisser, monter avec l’appui de mes neurologues..

Mardi, je ne bosse pas, mardi j’appelle Sainte-Anne, d’accord, promis, mais je suis contente, je respire, je n’ai plus ces troubles bizarres, je ne vis plus ça…
Il m’aura fallu ces jours pour me rappeler que finalement, je revenais de plus loin que je ne pensais, pour me rappeler que je devais être suivie absolument pour que justement ça ne recommence pas.
Quand je pense que j’ai vécu cette torture avant. En « revivant » ces crises, j’ai eu honte, j’étais encore là, encore sur terre et j’avais puis fuie malgré cette épilepsie et tout ce qui l’accompagnait et je pense à la mort dès que je pense à mon poids…
Lamentable, j’ai honte de ma connerie…
Si seulement…





Par Juliette - Publié dans : Au quotidien
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