Mercredi 7 mai 2008
Oh chère Albertine, j’ai triché, j’ai dérogé à la règle, je n’ai pas fait de poème, je n’ai pas respecté les règles !
Je passe en coup de vent, il y a eu un dégât des eaux chez moi et je n’y habite plus depuis quelques semaines, je réintègre les lieux la semaine prochaine.
Je profite d’une halte sur l’ordinateur d’une amie pour enfin écrire sur ce fameux cafard. Mon imagination étant limitée, tout comme ma patience, je n’ai pas pris le temps d’écrire le poème. J’en suis tout à fait désolée, mais je ne voulais pas manquer de participer à ce jeu comme promis…

Pour d’autres qui voudraient participer aux « Délires d’Albertine »…
Son blog.





Hier dans ma baignoire un cafard s’est pendu.
Zoloft le petit cafard fut né et élevé dans une bouche d’épuration des laboratoires Merck, la vie l’avait malmené et comme jamais, il se sentait seul et abandonné.
Sa grande sœur, la blatte Zyprexa avait mit fin à ses jours quand il était tout jeune et son petit frère Tercian complètement fou était dorénavant enfermé, interné dans une boîte d’allumettes qui lui servait de camisole.

Zoloft avait le moral au plus bas, cafard bipolaire, il décida dans un cycle maniaque de fuir ces lieux au plus vite.

Il réussit à monter dans un camion de livraison.
Le chemin était long et le voyage si pénible pour Zoloft, le camion était désinfecté, il était seul, en apnée, aucune odeur de putréfaction ou d’excrément présente pour le réconforter, pour l’aider à respirer. L’odeur de la javel brûlait ses poumons.

A la première halte du camion qui livrait une pharmacie, Zoloft sortit, il s’enfuit en plongeant dans le caniveau, nageant, s’imprégnant, il se sentait revivre, il put prendre un bain après un si long voyage.
Ces odeurs, il n’en avait jamais senti autant, jamais de si fortes.
Après ses ablutions, il partit en quête de compagnie en sautant dans la première bouche de métro.
Seul il s’était décidé à partir à l’aventure, mais il rêvait depuis toujours d’avoir enfin des amis.

Une rate lui notifia qu’il se trouvait à Madeleine et qu’il aurait assurément plus de chance de trouver des congénères à Châtelet.
Elle lui indiqua la route et d’un coup de ligne 14 Zoloft arriva à Châtelet.
Quelle odeur ! Zoloft respirait à plein poumon, la puanteur était si forte, la moiteur due aux températures du mois d’août ne faisait qu’accroître la pestilence des lieux.
Zoloft senti qu’une nouvelle vie l’attendait, plein d’espoir, il tenta tant bien que mal de trouver des amis, mais personne ne voulait de sa compagnie.
Il rencontra une foule de cafards, mais aucun ne vint à lui, lui offrir son amitié.
Les cafards de Châtelet étant rassemblés sous forme de clans, aucun n’acceptait sa présence, ni les Crapotos, ni les Cradings, pas même les plus ringards : les Gerbouilles !

Zoloft était dépité, triste et plus suicidaire que jamais, il entrait dans une phase dépressive très pénible.
Seul et désoeuvré, il ne se sentait vivre qu’avec des sensations fortes, seules ces dernières lui faisaient oublier le vide de sa vie, c’est ainsi qu’il occupait le plus clair de son temps : à faire du rafting dans les égouts sur des coquilles de noix puis de noisettes quand ses techniques et son savoir-faire se perfectionnait. Jamais le pauvre n’a réussi sur une coque de pistache, il essaya bien des fois, sans relâche haineux et craintif de la défaite.

Pauvre Zoloft, il étouffât d’un coup, une odeur de javel s’approchait, il courut tout son souffle pour monter dans la première rame de la ligne 1. Châtelet était enfin nettoyé, enfin désinfecté.
Il se recroquevilla sous les sièges, mais les gens étant si nombreux il tenta ce Zoloft cascadeur, ce Zoloft casse-cou de voyager en se cramponnant aux portes extérieures.
Ses mandibules à l’air, son adrénaline montât comme jamais, il vécu un moment orgasmique qui cessât à Saint Paul.
Zoloft le flair sauvage, le flair fin sentit des odeurs d’excréments, des odeurs rances de fritures, il savait qu’il allait pouvoir manger à son aise, il connut un moment d’extase dans les poubelles de l’As du Fellafel. Il essaya tous les restaurants de la rue de rosier, mais aucun n’égalait celui-ci.
Malheureusement, Zoloft devenait drogué au fellafel, complètement addict il ne quittait plus ces poubelles.
Quelle erreur de stratégie Zoloft ! La gourmandise te perdra.
Un employé finit par le repérer et lui couru après avec un journal.

Pauvre Zoloft, il courait la peur au ventre, il essayait de se glisser dans les caniveaux, sous les grilles, de monter aux murs, mais son agresseur suivait le rythme !
Zoloft couru en fermant les yeux et arriva enfin rue Vieille du Temple, le bruit d’une chasse tirée l’interpellât, lui indiquant un refuge probant.

Il y vit une merveille, son cœur ne fit qu’un tour, il battait si fort que Zoloft se croyait en train de mourir, il aperçut la plus belle des créatures sur le robinet d’une baignoire, une coccinelle magnifique.
Charmeur, Zoloft plongea aussitôt dans les toilettes pour prendre un bain et se laver de toutes ses péripéties.`
Hypocondrie la coccinelle était la coccinelle la plus gentille de Paris, elle était l’amie la plus fidèle d’une petite fille solitaire et tuberculeuse.
Amie et complice, elle somatisait toutes les maladies de Louise la fillette.
Zoloft avait si peur, lui, petit cafard abandonné, petit cafard délaissé, mais Hypocondrie avait bon cœur et ne jugeait pas rapidement, elle l’accueillit les ailes grandes ouvertes et allât le présenter à Louise.
Celle-ci lui sourit et lui offrait son hospitalité en installant une boite d’allumettes sous la litière de Roland le chat pour qu’il se sente à son aise.

Zoloft revivait, Zoloft vivait, il avait des amis, il baignait dans la tendresse, dans l’amour et l’amitié, tous s’entendaient, tous riaient, mais le bonheur, il le savait est de courte durée.
Son amour Hypocondrie accompagnait souvent Louise prendre son bain, elle restait sur le rebord de la baignoire et la regardait tendrement.
Un triste mercredi soir, le père de Louise entra dans la salle de bain et alors que la fenêtre était ouverte. Un courant d’air entraîna Hypocondrie dans la baignoire, sous la mousse du bain, ses ailes ne pouvaient plus se déployer et la coccinelle se noya.

Tous étaient effondrés, le chagrin prenait toute la place dans leur cœur, mais ils décidèrent de rendre à Hypocondrie, la petite coccinelle, les funérailles qu’elle méritait.
Roland le chat, Louise et Zoloft allèrent l’enterrer dans une boîte de boules- Quies sur un lit de pâquerettes Place des Vosges.

Zoloft ne croyait plus en la vie, il s’en voulait de n’avoir pas su défendre et sauver Hypocondrie et devint masochiste, il allait jusqu’à installer sa maison, sa boite d’allumettes dans la buanderie.

Il ne savait plus comment affronter cette mort si soudaine, ce sentiment de vide si profond et pour oublier, il se rappelât avoir lu plusieurs fois sur les notices du médicament Zoloft dont il portait le nom qu’il était déconseillé de boire de l’alcool sous risque de somnolence.
Le père de Louise chaque soir en rentrant du travail s’installait au salon et sa femme lui servait un verre de Martini.
Jamais il ne terminait son verre et Zoloft en profitait une fois qu’ils passaient à table pour aller laper le fond du verre.
Zoloft devenait alcoolique, il traînait souvent près du bar dès le matin dans l’espoir de trouver quelques gouttes près des goulots.

Louise était si triste, elle le consolait, l’aidait et le fit revenir dans la litière et sous la protection de Roland.

Un malheur n’arrivant jamais seul, Louise fut contrainte, enfant tuberculeuse d’aller dans un centre adapté. Pauvre Zoloft, animal lucifuge, il ne pouvait la suivre.
Louise déménageait et l’appartement fut acheté.
Zoloft à bout de force, à bout de ressources, mais n’ayant jamais autant aimé la vie que ces derniers temps en compagnie de ses amis, décida de partir lui aussi, ça en était trop, chaque bonheur était pour lui éphémère et se terminait par un drame.
Il monta avec peine sur la baignoire, regardant du haut de la falaise les lieux, il décida d’en finir en ce lieu symbolique, celui-là même où Hypocondrie était morte.
Il était dorénavant seul, mais ne voulait pas mourir seul, il avait gardé un cheveu de Louise, quelques poils de Roland et avec eux, symboliquement il décida de dire adieu à la vie.
Du cheveu de Louise il fit sa potence, il s’était tricoté un petit pull avec les poils de Roland.
Symboliquement entouré de tous, il décida de rejoindre Hypocondrie et de mourir tout comme elle, dans cette baignoire.

J’emménageais dans cet appartement le jour même et je ressentis encore un sentiment d’insécurité, la salle de bain, je le sentais était hantée.






(Je continuerai bien, mais voilà, on me somme de libérer l’ordinateur ! Juste quelques mots rapides pour dire que je vais mieux, beaucoup mieux.
Beaucoup moins de crise, beaucoup plus d’espoir, en fait je vis, et j’avoue, c’est pas si mal, ça fait moins peur que je le pensais.
Merci à la fluoxétine, n’est-ce pas Scheiro ?)
A très bientôt.



par Juliette publié dans : Pour changer de sujet
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Mercredi 19 mars 2008

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Je n’écris plus car je ne ressens plus, c’est le vide.
M ma tête est tantôt si vide, tantôt si pleine que mon ventre.
Les crises d’angoisse se multiplient, la phobie sociale prend une tournure exponentielle.
Le courrier dans la boîte au lettre s’entasse, les tâches administratives (mes préférées) s’accumulent, le poids… 
Ca s’en va et ça revient, tout comme les crises et restrictions.

« C’est assez étrange, vous n’avez pas l’air d’en souffrir autant qu’avant, je ne vois pas d’expression sur votre visage, vous ne pleurez plus, on dirait que ça va mieux. »
Ah cher docteur, c’est le Prozac, je suis loin de moi, je me regarde, je découvre une personne froide et distante, je ne ressens presque plus rien .
Tout est froid, tout est distant, tout est lointain, et surtout : tout le monde, je ne réponds plus au téléphone, plus à mes mails.

Depuis 2 ans, je me suis isolée, il fallait qu’on me laisse maigrir en paix, personne ne devait s’immiscer, personne ne devait me déranger, je n’avais qu’une idée : maigrir et ce tout en mangeant.
Bien voilà, c’est chose faite et je suis seule avec mes démons, seule avec cette dépression, seule avec ces phobies et de plus en plus vide, je n’arrive plus à écrire, plus à penser, voilà pourquoi je n’écris plus ici.
Je jeûne pour m’anesthésier, pour ne ressentir que la faim euphorique, je refoule tout sentiment et tout souvenir, c’est dire si j’avance…
Je suis de plus en plus méchante, de plus en plus hargneuse, amère quant à l’égocentrisme, l’égoïsme, la méchanceté, l’agressivité…
Ils sont ma définition actuelle.
Je ne cesse de hurler sur ma mère, qui finalement finit par espacer les appels, c’est la seule « méthode ».
Si je ne suis pas ignoble, elle continue à appeler et me demande des comptes- rendu quotidiens.
J’ai honte de moi, de mon indifférence, de mes propos, que je ne pense pas toujours d’ailleurs.
Je laisse tomber tout le monde, mes « amis » ne voient que mépris et pourtant, je les garde à côté, je ne vois pas les jours passer, tous les jours je me répète « demain », « plus tard ».
Ils pensent que je les ignore, que je les délaisse, en fait j’ai peur.
Je reste enfermée chez moi tant je frémis à l’idée d’ouvrir la porte,.
Allumer mon ordinateur m’apparaît comme un mur.

J’ai envie de dire que je « subis » l’absence de crise.
Je lis des blogs, beaucoup répètent qu’elles préfèrent l’anorexie à la boulimie. Moi je ne sais pas, je m’en fou, tout ce que je sais c’est que mon compte est dans un état moins lamentable pendant la boulimie et durant les cycles anorexiques, il se remplume. (A l’inverse de moi)
Ceci- dit les restrictions sont dures d’un point de vue mental.
Je subis le temps, je le regarde passer en silence, en plein mutisme, silencieuse, anesthésiée.
Au moins les crises de boulimie me permettent de me défouler, un mensonge, encore un autre, toujours un leurre, je le sais, mais je suis capable de passer plus d’épreuves et d’être plus dans l’action (à moins qu’il ne s’agisse que de réaction) quand je fais des crises.
Je me mens en me disant « une petite crise pour se donner du courage », « défoule toi un bon coup avant ».
Certains se disent avant des entretiens ou épreuves « impressionnantes » : « respire un bon coup et ça ira », ; moi je me dis « gerbe un bon coup et tout ira mieux », « et puis, si tu réussis, t’auras le droit de recommencer après pour te récompenser… ».

Là, je suis inerte, tout me fait peur, tout est bloqué, le temps ne passe pas,ou plutôt il passe sans moi, je reste avec moi, autant dire en mauvaise compagnie.
Les journées passent, je ne mange plus (ou plutôt presque plus), si je maigris ? Aucune idée et puis je m’en fou, ça fait longtemps que ce n’est plus le but, un jeu morbide s’est installé et j’ai l’impression de m’en foutre complètement.
Maigrir, j’ai l’impression de n’en avoir rien à faire et pourtant manger m’est impossible, tout du moins manger des choses cuites.
Ma variété culinaire : endives, poivrons, champignons, surimi, blanc de dinde, yaourt, soupe et pain.

Tout dans ma tête est en désordre, à moins qu’il n’y est plus rien, alors à quoi bon écrire ? Je n’y arrive plus, ce que j’écris est aussi vide, distant et amer que moi…

Je me suis éloignée de la vie, éloignée des autres, tout ça pour m’éloigner de moi-même…

Mon psy me propose d’ajouter à mon traitement des neuroleptiques ou de doubler le Prozac.
Prendre des neuroleptiques, c’est hors de question, rien que le nom me fait froid dans le dos et me ramène à mon passé : « épileptique ».
Il risque de me faire grossir, et je n’envisage pas cette possibilité ne serait-ce qu’un quart de seconde.
Je me suis déjà assez « cassé le cul », (pardon pour tant de vulgarité, je devrais, pour être plus réaliste dire : cassé la gorge, les dents » à maigrir depuis 2 ans sans avoir réussi à faire partir tout ce que le Tégrétol et la Dépakine m’ont fait prendre pour recommencer, parce que là, je termine à l’asile, j’irais à Sainte Anne à nouveau, mais cette fois dans les quartiers nord.
Doubler le Prozac ? Je voudrais bien, mais seulement deux raisons m’en empêchent, il m’assèche, je ne peux plus pleurer.
Je ne pleure qu’en vomissant, je suis froide et indifférente, complètement cloisonnée et surtout, je m’étonne moi-même de cette réaction : il me coupe déjà assez la faim comme ça.

Je n’ai ni envie de reculer, ni envie d’avancer, je voudrais faire l’autruche, je voudrais dormir, tout oublier, faire une pause, et pourtant c’est ce que je fais.
Si seulement je pouvais dormir pendant ce temps mort, je ne me rendrai compte de rien et ne serai pas obligée de subir la faim, les crampes froides pour penser à autre chose.

Pourquoi suis-je comme ça ? Pourquoi je m’enfonce ? Pourquoi je traite tout le monde comme je crains le plus qu’on me traite ? (par l’abandon),
Ça ressemble à une vengeance programmée, une revanche, une colère, un mépris, la misanthropie même. Je ne sais plus, je comprends plus.

J’étouffe, je me sens seule, trop seule, je veux qu’on vienne me sauver et pourtant j’empêche quiconque de m’approcher…

Quelques fois, il m’arrive de regretter les crises de boulimie.
Je me crie dessus toute la journée, une vraie tarée, je m’insulte, encore et toujours et j’en ai peur : pour toujours…
Ce n’est pas une vie et pourtant j’ai si peur.
A vrai dire, je me demande ce qui ne me fait pas peur. J’ai peur de mes peurs, je ne sais plus rien faire seule.
J’ai toujours besoin pour accomplir une tâche, pour un labeur administratif d’une « maman de substitution », d’une personne gentille qui m’accompagne, je ne sais rien faire seule, ça doit être la définition de la personne dépendante.
Si on essaie de me bouger, de me « botter les fesses », je réagis comme je réagis avec ma mère, je deviens hystérique, je crie, je hurle, je crache, je fais le contraire et finalement, moi seule suis punie, moi seule ai l’air d’une conne.
Si on m’accompagne, si on me tient la main, si on me montre qu’on m’aime, je deviens une petite fille qu’on assiste et tout d’un coup je me débloque et accomplis.
J’ai cherché à devenir chétive et malade plus jeune, je me disais que quand on était malade, les mamans étaient gentilles, attentionnées, pleine d’amour, ça va faire presque 20 ans que je joue ce jeu morbide : être la plus fragile, la plus triste, la plus malheureuse et ce dans le but d’être la plus importante et je suis de plus en plus seule, de plus abandonnée.
Je voulais, petite qu’on m’entoure, qu’on me cajole, qu’on me demande ce qui n’allait pas, je voulais que tout le monde s’inquiète, s’intéresse à moi, je ne croyais que ça n’était possible qu’en ayant l’air la plus fragile, finalement, c’est tout le contraire. Je suis plus seule que jamais, plus solitaire que jamais.
Je n’ai pas de sourire ni d’attention autour de moi, je n’ai que de l’indifférence et l’indifférence est le pire des sorts, mieux vaut une crise de nerf, une dispute mémorable.
La transparence, tout en se sentant prendre trop de place…

J’aimerais comprendre, j’aimerais savoir et pourtant, plus je sais.
Plus j’apprends avec la psychanalyse, pire c’est.
Je fuis, je ne suis plus qu’un fantôme, pour les autres et pour moi-même. A quoi bon ?
Pourquoi continuer ? Peut-être parce que j’ai une peur irrationnelle de la mort.

Je suis perdue et amorphe, je ne sais plus quoi faire, je n’y arrive plus, je régresse, je rechute. Que faire ? Ajouter du Risperdal ? Doubler le Prozac ?
Et le Lysanxia ? Et la Mépronizinne ? On les enlève ?
Je ne sais plus…





par Juliette publié dans : Au quotidien
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Mardi 18 mars 2008

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Qu’est-ce que le trouble bipolaire ?


Les personnes atteintes de trouble bipolaire connaissent des changements d'humeur extrêmes. Il est normal d'avoir "des hauts et des bas" mais, chez ces patients, "les hauts" sont très hauts (pole maniaque) et "les bas" très bas (pole dépressif). Ce trouble est également appelé maladie maniaco-dépressive.
La durée des épisodes maniaques ou dépressifs va de quelques semaines à plusieurs mois. Leur fréquence est également variable.
Lorsque le sujet n'est ni en phase maniaque, ni en phase dépressive, il fonctionne normalement et se sent généralement bien. Ces périodes "normales" peuvent durer plusieurs années.
Chaque malade a donc son propre "cycle" qui est composé d'une phase maniaque, d'une phase dépressive et d'une phase "normale". On parle de trouble bipolaire à cycle rapide lorsque les patients présentent au moins quatre cycles par an. Parfois, l'humeur peut même changer tous les jours, ce qui rend la vie de ces patients extrêmement difficile.
On estime à 1% le nombre de personnes atteintes par cette maladie. Les femmes sont autant touchées que les hommes. En moyenne, le trouble bipolaire apparaît vers l'âge de 30 ans.
Les recherches actuelles sont en faveur d'importants facteurs génétiques à l'origine de ce trouble. Cependant, différentes sources de stress extérieurs semblent capables de favoriser la survenue d'un épisode. Les saisons affecteraient aussi les troubles de l'humeur: la manie est plus fréquente en été et la dépression en hiver.



Les symptômes du trouble bipolaire


1- La dépression

La phase dépressive est marquée par:
- une baisse de l'estime de soi avec une tendance excessive à la dévalorisation et la culpabilité. - une grande tristesse qui s'accompagne souvent de pensées morbides ou suicidaires.
- une perte d'intérêt ou de plaisir pour les activités habituelles (anhédonie).
- une baisse de la libido
- une perte de poids par diminution de l'alimentation (de façon atypique, on peut aussi observer une prise de poids).
- une insomnie avec une grande fatigue (de façon atypique, on peut aussi observer une hypersomnie dite "refuge").
- un ralentissement de l'activité physique avec une tendance au repli sur soi et à l'inactivité (apragmatisme).
- un ralentissement de l'activité psychique avec des difficultés de concentration, d'attention.

2- La manie

Dans le langage courant, le terme maniaque est employé pour qualifier quelqu'un de tatillon, d'exigent. En psychiatrie, il en est tout autre: un sujet maniaque présente les symptômes inverses de ceux d'une dépression. A savoir:
- une excellente confiance en soi avec des idées de grandeur, de grands projets.
- une euphorie excessive.
- une réduction importante du temps de sommeil sans aucune fatigue.
- une augmentation de l'appétit sans prise de poids.
- une activité physique très importante.
- une accélération psychique: leur pensée va trop vite et ils passent sans cesse du coq à l'âne dans une logorrhée impressionnante (débit verbal augmenté).
- une désinhibition comportementale avec un désir sexuel accru, des dépenses excessives (trois voitures, une maison…), une augmentation des tendances au jeu.
- une irritabilité importante avec un comportement provocateur voire agressif.

3- L'hypomanie : on retrouve les mêmes symptômes que dans la manie mais en moins intenses. L'hypomanie ne gêne pas le fonctionnement normal d'un sujet contrairement à la manie. Une hypomanie peut dégénérer en épisode maniaque ou en dépression.

4- Des états mixtes : le patient présente au cours d'un même épisode des symptômes de la phase dépressive et de la phase maniaque.

5- Des symptômes psychotiques
Parfois, les sujets atteints de troubles bipolaires perdent le contact avec la réalité et se mettent à entendre des voix ou à interpréter des choses de manière délirante. Ces symptômes sont dits "psychotiques" car ils se retrouvent dans d'autres pathologies psychiatriques: les psychoses, et en particulier dans la schizophrénie.


source : sante-az.aufeminin.com

par Juliette publié dans : Dépression, suicide
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